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Vie de La Brochure
16 septembre 2026

1851 à la mort de Pierre Flamens maire de Castelsarrasin

1851 à la mort de Pierre Flamens maire de Castelsarrasin

D’un côté on m’interroge sur Camille Delthil et de l’autre René Merle me rappelle la poursuite de son travail au sujet de 1851 donc je suis allé voir le journal de Moissac au sujet de cet événement. Et j’en ramène cet article. Il s'agit d'interventions au moment de la mort de Pierre Flamens. JPD

J'ai déjà évoqué les insurgés de Castelsarrasin.

La Feuille Villageoise 21 décembre 1893

M. Bayrou a parlé ensuite du proscrit de 1851, avec lequel il partagea les douleurs et qui ne faiblit jamais.

« À cette époque, a dit M. Bayrou, nous entendions répéter, ainsi qu’aujourd’hui, que la démocratie coulait à pleins bords. Et pourtant, les honnêtes et modérés de ces temps sombres, qui rappellent exactement les ralliés de nos jours, laissèrent, par trahison, lâcheté et calcul, ce grand aventurier qui débuta par le crime et finit par Sedan, violer la Constitution, dont un article imposait à tout bon citoyen de la défendre. »

[Note JPD : Bayrou vétérinaire fait partie des nombreuses victimes du coup d'Etat à Moissac et, dommage qu'il n'en dise pas plus]

M. Joseph Flamens a parlé au nom des employés municipaux. Il a dit adieu au maître vénéré qui fut pour tous un père et non un chef et qui emporte avec lui les plus profonds regrets de ses modestes collaborateurs.

[Joseph Flamens est un cousin éloigné de Pierre Flamens et deviendra un maire important de Castelsarrasinn, chassé de la mairie en 1941]

M. Rivière a prononcé quelques mots au nom du Conseil général ; il a aussi excusé M. le député Lasserre, retenu à Paris, dont l’absence a été, nous devons le dire, assez vivement commentée, ainsi d’ailleurs que celle des autres personnalités politiques du département.

Enfin, M. Delthil, notre directeur, au nom des amis politiques du défunt, a prononcé le discours suivant :

« C’est au nom d’une ancienne amitié que je viens apporter mes derniers adieux à l’homme qui fut pendant longtemps le chef incontesté du parti radical dans le Tarn-et-Garonne, au proscrit que le coup d’Etat de Décembre frappa en pleine espérance de l'avenir, au vieux lutteur qui resta constamment sur la brèche, au philosophe qui rechercha la vérité, au sage qui aima la justice. C’est au lendemain du 4 Septembre que j’approchai, pour la première fois, celui que le gouvernement de la Défense venait de nommer Préfet de notre département. Je devins bientôt son collaborateur et le compagnon assidu de ses luttes et nous travaillâmes ensemble à républicaniser cet arrondissement de Castelsarrasin, si rebelle, en ce temps-là, à l’idée nouvelle. Le travail de Flamens fut patient et obstiné, rien ne le rebuta, il vainquit les difficultés, il brisa les résistances et finalement il imposa la domination du régime qui naissait. Il n’est plus ! mais le grain qu’il jeta, a fait lever les moissons à venir. D’autres, plus tard, récoltèrent ce qu’il avait semé. Mais qu’importe ! Fais ce que dois, advienne que pourra, c’est la devise des hommes de principe, la maxime de l’homme de cœur. « Ah ! me disait-il un jour, j’ai connu plus de malheurs que de joies! » Et en effet, il connut les tristesses de l'exil, il connut les déceptions et les amertumes de la vie publique, il connut les rigueurs du sort et la cruauté lâche des choses de la vie et son chemin fut parfois un calvaire. Le devoir est accompli ! Mais ce devoir aura sa récompense. Le nom de Flamens vivra à jamais dans le souvenir de ses concitoyens. Ce nom, il est inscrit sur les murs de sa ville natale. Il est inscrit au fronton des écoles qu’il fit bâtir, il est inscrit sur les boulevards qu’il créa, et sur tant d’autres œuvres agréables ou utiles qui transformèrent la cité qu’il chérissait. Car Flamens aima par dessus tout Castelsarrasin, il l’aima d’un amour jaloux, il fit d’une cité morte une cité vivante, et cette cité lui rendit amour pour amour. Et quand je regarde autour de moi et que je vois cette foule pieusement recueillie, ces visages attristés, ces yeux mouillés de larmes, je me dis que la meilleure consolation pour ceux qui restent se trouve toute entière dans les sympathies et dans les regrets sincères qui accompagnent ceux qui s’en vont. »

La foule s’est ensuite écoulée lentement, profondément émue par cette imposante cérémonie, au cours de laquelle n’a cessé de régner l’ordre le plus parfait. Nous adressons à la famille du regretté défunt nos plus sincères compliments de condoléance.

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