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Vie de La Brochure
25 janvier 2015

Déclaration de laïcs issus du monde islamique

Vous avez beaucoup vu circuler cette déclaration ? Vous avez souvent vu les signataires courageux de ce texte sur les plateaux de télévision ? Plusieurs ont été évoqués sur les deux sites de la Brochure et une des personnes a été une de nos invitées. Nous faisons ce que nous pouvons pour soutenir ce combat démocrate et nous allons continuer de plus belle. J-P Damaggio

 

Déclaration de laïcs issus du monde islamique

Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam.

 Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations. L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels. Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible. Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté. Le 11 janvier 2015

 Premiers signataires :

 Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie

 Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France

 Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie

 Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc

 Hella Lahbib, journaliste, Tunisie

 Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie

 Latefa Aharrare, actrice, Maroc

 Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie

 Munaim Alfakir, poète, Irak

 Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France

 Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc

 Zoubir  Arous, professeur et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie

 Ahmed Assid, écrivain, Maroc

 Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc

 Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France

 Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie

 Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie

 Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie

 Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie

 Ghaleb Bencheikh, islamologue, France


 Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie

 Kmar Bendana, historienne, Tunisie

 Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie

 Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie

 Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie

 Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France

 Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie

 Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France

 Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine

 Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc

 Mohamed Chafiq, académicien, Maroc

 Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie

 Khedija Cherif, universitaire, Tunisie

 Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie

 Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc

 Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc

 Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc

 Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France

 Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France


 Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie

 Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France

 Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France

 Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France

 Selma Hajri, médecin, Tunisie

 Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France

 Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France

 Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France

 Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte.

 Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France

 Marcel Khalifé, artiste, Liban

 Abdellatif Laâbi, poète, Maroc

 Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc.

 Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie

 Delenda Largueche, historienne, Tunisie

 Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France

 Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie

 Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie

 Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie

 Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie

 Hamad Nazir, psychanalyste, France

 Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France

 Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie

 Nouredine Saadi, écrivain, Algérie

 Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie

 Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France

 Wassila Tamzali, écrivain, Algérie

 Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie

 Adnane Yassine, poète, Maroc

 Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine

 Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc

Commentaires
L
Bonjour<br /> <br /> <br /> <br /> Il est insupportable de lire ce genre de phrase (cf. commentaire de V195) :<br /> <br /> "Certes, rien ne peut excuser quelque tuerie que ce soit commise par des humains sur d'autres humains. MAIS..."<br /> <br /> Désolée, il n'y a pas de "mais", et encore moins lorsqu'en plus d'êtres humains, c'est la liberté qu'on assassine.<br /> <br /> <br /> <br /> De plus, il est tout à fait choquant de dire :<br /> <br /> "De leur côté, les Juifs sont organisés par le biais du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France" <br /> <br /> Car c'est, pour le coup, faire l'AMALGAME entre les toutes les personnes d'origine juive (alors que nombre d'entre eux/elles dénoncent cette organisation), amalgame que ce correspondant dénonce (à juste titre) pour les personnes d'origine musulmane.<br /> <br /> <br /> <br /> C'est justement pour éviter l'amalgame que les courageux laïques "issus du monde islamique" ont fait cette déclaration reprise ci-dessus. Il serait temps d'arrêter de les mépriser. Il serait temps de manifester notre solidarité avec eux/elles et de reconnaître leur immense courage.
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L
A longueur d'émissions on dit surtout et à juste titre : pas d'amalgame. Mais à longueur d'émission on ne donne pas la parole à ceux qui tiennent un discours démocrate, ceux et d'autres qui sont sur cette liste.<br /> <br /> N'ayant aucune sympathie pour la politique israélienne, pour les intégristes juifs qui pèsent sur le gouvernement, ne m'empêche pas de dire que le wahhabisme existait avant Israël, et pour ne pas faire comme certains, qui en profitent pour dire que les vrais musulmans ce sont les bons chiites, j'ajoute que la dictature religieuse en Iran ne vaut pas mieux. Pour ceux qui l'auraient oublié le nazisme a eu beaucoup d'adeptes non pas dans les pays musulmans mais dans les pays arabes, car là aussi rappelons que les musulmans vivent surtout en Asie. Et que les plus grands massacres eurent lieu en Algérie entre 1992 et 2000, non pas en lien avec d'autres données politiques. Le problème ce ne sont pas les fanatisés mais les fanatiseurs. Mais j'y reviendrai car le débat me semble en effet important pour articuler questions sociales, internationales et idéologiques. JPD
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V
Amalgame <br /> <br /> Attention au raccourci : Immigré == Nord-Africain = Maghrébin = Arabe = Musulman = Islamique= donc terroriste...<br /> <br /> <br /> <br /> Musulmans et Juifs<br /> <br /> A longueur d'émissions audiovisuelles, les Musulmans, au lieu d’être cités en exemple, sont pris en contre-exemple : le « vrai » musulman est le terroriste, les autres (ceux qui sauvent des otages...) sont des exceptions ! Évidemment, statistiquement, c’est faux, la preuve : en France, la proportion de musulmans dans l’armée, la police et la gendarmerie n'est pas comparable avec l'implication de quelques-uns dans les réseaux djiadistes ! Sans oublier leur présence de plus en plus nombreuse dans l’administration, les hôpitaux ou l’enseignement... Et on voit apparaître des cadres dirigeants formés à l'université et entrant dans la bourgeoisie moyenne ou les professions libérales... <br /> <br /> Cette évolution positive ne saurait faire oublier que les inégalités de toutes sortes dont elles sont victimes encore résultent de la faiblesse des ressources financières et du niveau de formation des populations musulmanes. Quel taux de chômage les frappe ? Selon le JDD (25/01/15), dans les 64 quartiers ghettos qu'il a détecté en France, la population est composée de 33 % à 50 % d'immigrés ou d'enfants d'immigrés, avec 30 à 50 % de familles mono-parentales, en majorité Maghrébines et Africaines subsahariennes, de culture musulmane essentiellement. Le revenu pour la moitié des habitants y est de 920 € par mois, le taux de chômage y atteint 23 % (45 % chez les jeunes), et à diplôme égal, on en comptabilise 2 fois plus qu'ailleurs.<br /> <br /> Certes, rien ne peut excuser quelque tuerie que ce soit commise par des humains sur d'autres humains. Mais, est-ce trop de dire que la jeunesse musulmane, de nationalité française en général, est constituée d'individus délaissés en détresse, confrontés aux pires conditions sociales et culturelles, sans lien avec leurs élites, elles, fort cultivées, soumis à une représentation mystique qui les coupe du réel à cause des conditions d'existence...? On ne peut plus dire de la France « d'en bas », mais « d'à côté ». N'est-ce pas là le terreau propice à un endoctrinement radical par le biais de ressources financières qui proviennent des trafics de la drogue et des pétro-dollars... ?<br /> <br /> Les musulmans de France ne constituent pas une « communauté » : ils n’ont jamais eu la volonté de mettre en place des institutions représentatives, ni de constituer un parti spécifique, les candidats à la vie politique qui sont d’origine musulmane se répartissent sur l’ensemble de l'éventail politique français (y compris à l’extrême droite !). Et le réseau d’écoles confessionnelles musulmanes est faible... Si, au niveau local, celui des quartiers, on peut constater certaines formes de communautarisation, il n’en est rien au niveau national. <br /> <br /> <br /> <br /> De leur côté, les Juifs sont organisés par le biais du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France. Leur communauté apparaît sociologiquement assez diverse. Si on y compterait 24% d’ouvriers et d’employés (contre 31% dans l’ensemble de la population) et 12% de professions intermédiaires (contre 14%), il reste que les cadres supérieurs, les professions libérales, les commerçants, artisans et chefs d’entreprise sont surreprésentés (19% contre 11% dans la population totale), et que nombreux sont ceux qui occupent un emploi dans la banque, la joaillerie et l'horlogerie, les professions libérales (comme avocats, médecins...), l' enseignement universitaire.... Quel taux de chômage parmi eux ? <br /> <br /> <br /> <br /> Ne peut-on, en contre-point de la notion d'islamisme, évoquer le sionisme ? Comment appeler, comment qualifier les velléités expansionnistes d'Israël par rapport à Gaza, à la Cisjordanie et à l'Autorité palestinienne ? D'un côté, un PIB de 32.800 dollars par habitant, de l'autre seulement 2.465... Qui peut croire que le comportement belliqueux (c'est peu dire!) de l’État hébreu qui, bizarrement, n'interpelle ni les grandes puissances, ni l'ONU, n'a pas de répercutions sur certains esprits fanatisés ?
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