Départementales : Premier round
L’électrice ou l’électeur est libre de voter pour qui il veut… s’il y a des candidats. Or il peut arriver, comme aux municipales de Valence d’Agen en 2014, que son « choix » se limite à une liste ! Pour les départementales, il pourra choisir entre quatre et sept candidats suivant les cantons.
La clarté des étiquettes
Ce point a été évoqué par un commentaire sur ce blog. Distinguons entre ceux qui se cachent et la majorité des candidats qui n’appartiennent à aucun parti. Des listes sont homogènes (étiquette facile) d'autres rassemblent diverses sensibilités (étiquette difficile).
Quand La Dépêche se plaint de ce manque de clarté des étiquettes, osons une question : à Castelsarrasin, qui est soutenu par le PRG ? Dans ce canton tout est clair : un FN, un UMP, un Front de gauche (sans le PG), un PG, et un sans étiquette affiché, M. Bésiers. Le PRG n’a donc présenté personne. Pascal Granié, le candidat PRG aux dernières municipales n’est plus là.
La difficulté des 12,5% des inscrits
L’électrice ou l’électeur ne décide pas du nom des candidats du premier tour mais décide des présents du second tour y compris quand il ne se déplace pas. Puisque j’en suis à évoquer Castelsarrasin, indiquons qu’aux dernières cantonales gagnées justement par M. Bésiers, Sylvia Pinel, en deuxième position, était en dessous du 12,5 % des inscrits mais elle a pu se maintenir car dans ce cas là, le n°2 est automatiquement qualifiée quelque soit son scrore. La nouveauté c’est la montée du FN qui risque très souvent d’être soit en première, soit en deuxième place et de ce fait beaucoup de candidats risquent d’être éliminés au soir du premier tour.
La guerre Urbain/Rural
C’est une vieille histoire en France : les Conseils généraux ont toujours été dominés par la partie rurale, avec l’aide du mode de scrutin. Je connais peu de Conseils généraux dirigés par le maire du chef-lieu. Ce fait général a été renforcé en Tarn et Garonne par la domination sur l’institution de Valence d’Agen au nom du radicalisme. En tant qu’instit circulant des les écoles des deux zones on m’a souvent posé la question : en rural est-ce plus simple qu’en ville ? J’ai toujours vérifié que ce qui domine aujourd’hui c’est le « rurbain » que je différencie du système métropole. Le rural est de l'urbain et vice-versa.
Nous sommes dans un face à face Métropole/Rurbain et non plus ville/campagne.
Donc face au slogan plus ou moins affiché par le PRG : « Voter UMP c’est voter Montauban contre ler reste du département» que dire d’un candidat PRG comme Michel Weill qui siège au Grand Montauban avec Brigitte Barèges sans montrer sa différence.
L’ubuesque
Ubuesque la division sur cinq cantons entre le Parti de Gauche et le PCF ? La Dépêche se pose là une grande question qui oblige même le journal a bien distinguer les deux partis. Or pour le PRG, diviser le PCF et le Parti de Gauche est un projet constant depuis la naissance du Front de gauche ! Pour éclairer les lecteurs sur ce point, Le Petit Journal a publié le communiqué explicatif sur l’accord localisé PG/EELV mais le lecteur de la Dépêche ne saura qu’une chose, c’est ubuesque. Si j’ai le temps je regarderai ce que dit La Dépêche à Toulouse où le même accord a été signé.
Sur Beaumont, un des cantons concernés, aucun des quatre candidats n’est membre du PG ou d’EELV mais a des sympathies claires pour des thèses des uns ou des autres. Et nous respectons les autres membres du Front de gauche qui se présentent. Dans un débat politique classique, je ne vois là rien d’ubuesque.
Par contre quand je note dans ce même canton ou dans d’autres que des candidats opposés se réclament eux du PRG, comment comprendre ?
Je fais le pari que nulle part La Dépêche ne mentionnera la question de la LGV qui dans le secteur est pourtant un dossier colossal. Ainsi, impossible de saisir le différent PCF/PG. Mais ai-je entendu, pour une si petite question, pourquoi se diviser ? Car, en 2015 elle est emblématique d’un tas d’autres. Et pour ma part je vais continuer de m’évertuer à le prouver.
Une perle
Dans la partie nationale de La Dépêche du 18 février où un résumé fait le portrait de la situation électorale par département dans la région, nous lisons au sujet de l’Aveyron, le seul département de droite : « Pas de changement mathématique donc en Aveyron, mais une forte féminisation de l’assemblée puisque ces dames occuperont 23 sièges, contre 10 actuellement. »
Sans doute que le correspondant ne sait pas qu’en Tarn-et-Garonne le nombre de femmes va passer de 1 à 15 !
Le Tarn-et-Garonne qui se distingue sur un autre point dans le tableau du même journal : il est le seul à avoir des élus dits « sans étiquette » et ils sont 10 sur 30 ! A force d’avoir cultivé les « sans étiquette » Baylet risque fort de se faire doubler… par un sans étiquette.
Jean-Paul Damaggio