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Vie de La Brochure
19 février 2015

Ma bibliographie commentée par Hubert Delpont

hubert delpont

A découvrir le récit d’Hubert Delpont racontant sa vie à travers ses écrits, j’y découvre en reflet le parallèle avec la mienne. Je ne voudrais pas profiter de son livre pour parler de moi mais comment ne pas constater que nous sommes en partie programmés, la vie nous conduisant malgré nous vers des rendez-vous inévitables ! Non je ne parle pas de « destin » car il existe au contraire des vies qui refusent d’aller aux rendez-vous en question. La liberté permet tout autant la fidélité que l’infidélité !

 Il est passé par l’Ecole Normale comme mon ami Merle puis, eux, ont gravi quelques marches qui n’étaient pas dans mes objectifs, en devenant prof d’histoire.

Avec Hubert, nous ne sommes pas venus au communisme par la même porte : moi mes parents étaient communistes, lui a commencé par être gaulliste. Mais ensemble, nous sommes venus à l’écriture par l’écriture militante.

Là le parallèle devient frappant : L’histoire du PCF dans la résistance, l’insurrection de 1851 (il m'invita à Nérac pour en parler), la Révolution française et l’attention à l’histoire locale en général avec des sujets choisis suivant les « passions de la vie ».

Avec cependant une différence de choix : il a eu l’Association des Amis du Vieux Nérac, et a pu écrire dans diverses revues savantes. Je n’ai rien eu de tout ça et je reste donc clandestin.

 Dans sa série de « publications hétéroclites » je retiens la rencontre d’Hubert avec André Dupuy p. 43-44.

La modernité fait que j’ai un nom de rue chez moi, Route de Lavit, Lavit la ville si chère à l’ami André Dupuy dont le neveu me disait dernièrement à Larrazet qu’il n’était pas en grande forme. Hubert explique :

« Notre premier contact, établi par l’entremise d’André Bianchi, fut plutôt rugueux. Parce qu’elle me rappelait la langue trahie de mon enfance à laquelle l’école puis le collège avait substitué le français, sa culture occitane dérangeait l’intellectuel communiste qui venait de remplacer le fils de paysan. Sa théorie des « pays » me semblait fumeuse alors que pourtant j’avais été l’initiateur du contrat de pays d’Albret qui permit de lancer plusieurs réalisations et qui fut le premier d’Aquitaine. Nous discutâmes âprement les incertaines limites d’un possible Pays d’Albert, … »

 Le paysan socialiste autodidacte face au prof communiste de l’institution éducation nationale et tout de suite la grande question de la langue.

André Dupuy a sacrifié sa vie à la culture occitane en suscitant autour de lui recherches, rencontres, publications et il a dû affronter le scepticisme des élites surtout dans l’univers de la gauche. Ce « rapport rugueux » a peut-être marqué Hubert plus qu’il ne le pense.

 Dans tous les cas le récit de Delpont aurait pu s’appeler : Fidélité par une bibliographie. Je reconnais que j’éprouve la même envie que lui : tenter en guise de testament de montrer que l’hétéroclite n’est que la face cache d’une fidélité.

Franchement un beau livre de témoignages qui au-delà du cas d’Hubert Delpont permet de réfléchir à notre histoire nationale. Comment par exemple ne pas lier la naissance en 1983 de l’Association des Amis du Vieux Nérac et le grand mouvement associatif suscité par l’énergie (et souvent les financements) apportée par la victoire du PS en 1981 ? Comment ne pas lier sa rencontre avec l’Italie (j’ai commencé à lire Delpont en lui achetant à Villeneuve-sur-Lot son livre sur Luigi et Ernesta Campolonghi) avec toute une réflexion sur la transformation du Sud-ouest par cette immigration ? J’ai mis longtemps à comprendre l’enjeu de ce dossier !

Et finalement, comment ne pas allumer les rêves en cherchant le passé vivant ?

Jean-Paul Damaggio

Ma bibliographie commentée, Hubert Delpont, Editions de l’Albret, 10 euros

  

Le petit mot de la Dépêche pour présenter une signature

Le temps d'un après-midi, Hubert Delpont, aujourd'hui retiré dans les Landes, signe un retour culturel à Nérac. Ce personnage, symbole de l'opposition politique à Jean-Louis Brunet dans les années «90» (1), présentera son dernier ouvrage au centre Haussmann, samedi, à partir de 15 heures. Une rencontre riche en échanges. Il parlera de «Ma bibliographie commentée». Une causerie au cours de laquelle il sera sans doute beaucoup question de l'histoire de Nérac. Et cette dernière n'a pas beaucoup de mystère pour le docteur en histoire qu'il est.

 Notes JPD sur l'article : Est retenu le combat politique de Delpont qui est marginal dans le livre même si la période où il a été premier adjoint à Nérac qui avait une maire communiste (1977-2003) est évoquée. Retenons l'impact des municipales de 1977 qui furent l'heure de gloire du PCF.

 André Dupuy a sa page wikipédia

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