La trahison des féodaux à Montauban
Le journal Le Réveil vient d'attirer mon attention sur cet article de La Dépêche du 16 janvier que j'ai raté et qui présente les nouveaux groupes au Conseil départemental. Le Tarn-et-Garonne serait devenu un des hauts-lieux de la trahison politique !
1 ) En Mars 2015 Astruc aurait trahi Baylet en installant à la tête du Conseil départemental celle que Baylet appelait avec le mépris en plus, la co-présidente, Mme Barèges, ce à quoi Astruc répondait : "je ne te permets pas". Astruc n'avait trahi personne et si Barèges avait voté pour lui comme président c'était son droit.
2 ) Août 2015 : Barèges décide de passer à l'offensive avec Collin, et ils tentent de prendre le dessus sur le président Astruc malade. La séance n'étant pas publique j'imagine qu'Astruc a répondu : "je ne vous permets pas."
3 ) Le 30 novembre 2015 : sur le vote d'une décision modificative du budget "le coup est passé si près"… une alliance Barrèges-Baylet a failli faire chuter le président.
4 ) Et donc le 16 janvier la trahison ressort du panier dans La Dépêche. Mais cette fois c'est Brigitte Barèges trahie par les siens ! Le binôme de Brigitte Barèges est désigné comme traite ! Alors Baylet tranche : " C'est illisible politiquement pour les Tarn-et-Garonnais et ça fait monter le Front National". Car un vote Baylet-Barèges à quelques jours des Régionales était d'une lisibilité parfaite ? Et quand Baylet ouvre largement les colonnes de La Dépêche au FN pour qu'il tape fort sur Barèges, c'est pas faire monter le Front national ? Baylet n'a jamais cessé de se complaire dans la montée du FN… (et la vie du Conseil départemental est bien peu de choses sur ce point).
6 ) Donc "le seul groupe fiable est celui des Radicaux, toujours à sept". Comme pour Brigitte Barèges, la binôme du maire PRG de Beaumont en passant avec Astruc aurait trahi ? Le binôme de Barèges est UDI et a souhaité politiquement soutenir Astruc. La binôme du PRG De Prince (qui a contribué à son élection sinon il aurait choisi une PRG pur sucre) n'a pas plus trahi que quiconque. Le problème de Baylet c'est qu'il est dans un groupe de sept par l'effet d'AUCUNE trahison mais par CHOIX des électeurs et des électrices. Un truc pourtant simple qu'il n'arrive pas à comprendre !
7 ) Pour le moment le groupe Astruc plus puissant que jamais est le plus solide et croire que le groupe PS pouvait voler au secours d'une alliance Baylet-Barèges c'est sans doute fort de café.
8 ) Il y a une nouvelle péripétie avec la défense de La Poste. Hier Baylet dans l'opposition avait su défendre La Poste et aujourd'hui qu'il est au gouvernement c'est Astruc qui risque d'être désigné comme incapable… car La Poste ce n'est pas une question liée au gouvernement ?
J-P Damaggio
La Dépêche 16 janvier 2016
Politique - au conseil départemental
Le coup était passé si près. Le 30 novembre, le vote censé validé la décision modificative numéro 2 du budget du conseil départemental avait été très serré. La DM 2 du président Astruc n'était passée qu'à une voix près… Un camouflet. Dans les coulisses de Montauriol, l'événement avait été abondamment commenté. Et la réponse politique a pris un tour inattendu. La fragile majorité, constituée après les élections de mars 2015, n'aura donc tenu que quelques mois.
Elle a explosé sous les coups de boutoir de Pierre Mardegan, élu de Montauban, binôme de... Brigitte Barèges. Pierre Mardegan est venu prêter main-forte à un Christian Astruc aux abois. Ils sont quinze conseillers départementaux (1) sur un total de 30 à avoir signé ces ralliements «afin de donner l'élan et la stabilité nécessaire à notre département et lui permettre de s'inscrire dans la durée». Au-delà des mots, la réalité apparaît moins prosaïque. L'ancienne majorité, constituée par Brigitte Barèges, a explosé.
La maire de Montauban se trouve désormais dans un groupe de non-inscrits de quatre élus (elle-même, Mathieu Albugues, Monique Ferrero et Colette Jalaise).
Isolée donc et trahie par Pierre Mardegan auquel on prête des envies de conquête au cas où le mandat de Christian Astruc tomberait pour de bon. Jean-Michel Baylet, l'ancien président, celui qui faisait avancer les dossiers dans la discussion et l'unanimité, observe cette situation ubuesque avec sévérité : «Désormais, dans le Tarn-et-Garonne, tout le monde trahit tout le monde! On se croirait revenu au temps des Doges à Venise. Les valeurs d'engagement et de loyauté sont dévoyées. L'ambiance est délétère. C'est illisible politiquement pour les Tarn-et-Garonnais et ça fait monter le Front National. Pendant ce temps, les dossiers sont bloqués».
Brigitte Barèges,estomaquée par la trahison de Pierre Mardegan, son propre binôme, a du mal à avaler la pilule : «C'est un ami qui a été élu grâce à moi. J'ai été surpris par son attitude, sa trahison. Au-delà, c'est le troisième groupe majoritaire en neuf mois. C'est une construction fragile. Avec mes amis nous allons être attentifs à l'évolution de cette majorité. Mais nous disons aujourd'hui que les gens qui ont voté pour nous et qui voulaient le changement n'ont pas été respectés».
Les socialistes courtisés
Dans ce contexte, le seul groupe fiable est celui des Radicaux, toujours à sept (Jean-Michel Baylet, Jean-Luc Deprince, José Gonzalez, Christiane le Corre, Marie-Claude Nègre, Denis Roger et Michel Weill), loin des manœuvres incertaines.
Quant aux quatre socialistes (Dominique Sardeing-Rodriguez, Catherine Bourdoncle-Larnaudie, Liliane Morvan et Ghislain Descazeaux), ils n'ont pas affiché de position commune le 30 novembre. La nouvelle majorité «travaillerait» déjà pour attirer dans ses mailles un ou deux éléments pour renforcer une crédibilité qui semble déjà bien entamée et qui commence à éroder la confiance de services pourtant si dévoués...
On attend enfin la preuve de sa solidité lors de l'examen du budget 2 016 et sur les dossiers en souffrance dont on parle peu depuis le renouvellement d'une institution départementale bien malmenée...
(1) Christian Astruc, Maryse Baulu, Jérôme Beq, Jean-Claude Bertelli, Jean-Philippe Bésiers, Véronique Cabos, Véronique Colombié , Francine Debiais, Gérard Hébrard, Jean-Michel Henryot, Pierre Mardegan, Marie-José Mauriège, Véronique Riols, Frédérique Turella-Bayol, Léopold Viguié.
Laurent Benayoun.