Le peuple face au tigre avec Cladel
Dans les Annales Politiques et Littéraires du 21 novembre 1897 pour faire écho à la mort du dompteur Baptiste Pezon le journal publie, cinq ans après sa mort une nouvelle de Cladel. Et j'ai plaisir à retrouver Cladel et à offrir ce texte où le journal saisi très peu la métaphore politique d'un texte écrit sous l'Empire (en 1868).
La version proposée est un peu différente de celle des Va-Nu-Pieds qui se termine par le propos de la dulcinée (la République) : "O Ti, vois-tu bien, Eral, tu es 'homme ! le lion ! et je te veux.".
La Nouvelle a été mentionnée dans le Figaro du 2 décembre 1873.
" On trouve aussi dans ce volume qui, comme on le voit, ne manque pas de saveur, une autre nouvelle intitulée Eral le dompteur, qui, depuis l'exhibition des lions des Folies-Bergères, est toute d'actualité."
En cinq pages vous avez les multiples noms de l'ouvrier parisien Eral, utilisés par Cladel, et les noms du Tigre Yago. Performance chère à l'écrivain. Jean-Paul Damaggio
D’un côté Eral
un bon diable/ ce petit du faubourg / le gaillard
un de ces gamins qui disent aux dictateurs : — Silence, zut, César !
ce vrai zig/ ce citadin poli / cet admirable gringalet
un vrai Français / ce pistolet / Le farceur
le citoyen actif de la rue Saint-Antoine
ce manant / ce hardi compagnon /il pouvait se dire Gaulois
le régicide / le moucheron / le croquant
le faraud / le faubourien / le braque
cet humble enfant de la balle
ce nouveau Don Quichotte
l'intrépide / Tom-Pouce
De l’autre côté Yago le tigre
gros pacha / Le grand Seigneur / vénérable sultan de Kaboul
Sa Hautesse / cette Souveraineté / l'aristocrate
cette espèce de monarque / l'Emir / Sa Majesté tigrée
«l'Indien», (en référence aux Indes) / son monstre asiatique
le tigre royal / ce n'était plus Yago, mais Othello lui-même