Mélenchon et les législatives ?
Quand on veut changer de République, quand on veut un autre type de démocratie, Jean-Luc Mélenchon ne peut pas se contenter de dire : « Je suis candidat aux élections présidentielles. » Soit il tire les leçons de l’expérience précédente, ce qu’il semble vouloir faire, soit il annonce pas avance des découragements !
De quoi s’agit-il ?
Un des éléments caractéristiques de l’épisode 2012 a été l’écart phénoménal pour le Front de Gauche entre les résultats de la présidentielle et celui des législatives. M. Jean-Luc MÉLENCHON a eu 3 984 822 voix (11,1%) et le Front de gauche 1 793 192 (6,91%). En un mois une perte de 50% de l'électorat !
Un peu comme après le résultat du NON en 2005 quand les organisateurs du "NON de gauche" au lieu de s'appuyer sur cette victoire se sont perdus en guerres internes ridicules.
J’inclus dans ce phénomène la calamiteuse candidature de Mélenchon à Hénin-Beaumont. Pourquoi calamiteuse ? Car on ne se parachute pas quelques jours avant une élection dans une circonscription, sous prétexte d’y affronter la présidente du FN !
L'analyse pourrait aller beaucoup plus loin mais ce n'est pas ici le but de cet article.
En conséquence, et je suis toujours pour des actes pratiques, il me semble impensable de préparer une présidentielle sans la lier, au même moment, aux législatives !
Le discours consistant à dire : d’abord la présidentielle et on verra ensuite, laisse entendre que l’épisode législatif est à la remorque de l’épisode présidentiel. J’ai déjà proposé comme réparation minimum du désastreux scénario plaçant les législatives après la présidentielle, une modification de la loi assurant un déroulement en simultané des deux élections comme c'est le cas dans beaucoup de pays surtout aux Amériques.
Dans tous les cas, pour Mélenchon, grouper les candidats aux législatives et sa candidature à la présidentielle permettrait de sortir sérieusement de la personnalisation, de se placer dans une action de longue durée, et d’organiser un soutien démocratique.
En 2012 la séparation entre les deux élections tenait à une distribution des rôles : à Mélenchon la présidentielle, au PCF les législatives.
Pour 2017 il ne s’agit pas d’exclure qui que ce soit, mais il s’agit de vérifier la désignation de candidats en cohérence avec la bataille de la présidentielle. Et contrairement à l’habitude qui veut que les candidats aux législatives soient sortis du panier au dernier moment (pour faire durer les tractations) il s’agirait d’une mesure claire et nette.
Parmi les autres leçons de 2012 il y a l'autre élément calamiteux : la déclaration de Mélenchon le soir du premier tour appelant sans condition à voter pour "le capitaine de pédalo", François Hollande. Il s'agit d'incohérences qui coûtent cher.
Là aussi il existe des mesures pratiques simples : personne n'a de consigne à donner pour le second tour, il appartient aux candidats en présence choisis par les électrices et les électeurs de mener leur propre campagne pour convaincre ceux qui peuvent leur assurer une victoire. Même avec le FN au second tour, il appartient à chacun de se déterminer sauf à faire croire que tel ou tel parti est propriétaire de son électorat. Il s'agissait là d'une pratique d'autrefois qui n'a plus de raison d'être aujourd'hui. Franchement, en quoi l'appel de Mélenchon pour Hollande a aidé à la victoire d'Hollande ? Il faudrait faire une étude sortie des urnes pour voir combien de votants se déterminent en fonction des consignes des uns ou des autres.
La question est différente quand plusieurs candidats peuvent se maintenir. Il est évident par exemple que le retrait de la liste PS en PACA aux Régionales a sans doute contribué à l'échec du FN. Mais en quoi cet échec était-il par cette stratégie un échec sur le long terme ?
N'ayant aucune prétention à détenir les bonnes réponses aux questions qui se posent, je tiens seulement à rappeler que par l'effet médiatique l'élection présidentielle mobilise beaucoup les citoyens et qu'il est donc important d'ouvrir les débats nécessaires à la construction d'une alternative réelle aux politiques en cours depuis des années. J-P Damaggio