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Vie de La Brochure
4 mai 2016

Les Zindigné(e)s et le productivisme

Le dernier numéro du mensuel donne la parole à Philippe Pelletier qui se propose de décrypter le productivisme en trois articles, dans la foulée des deux livres qu'il a écrit[1].

Des les origines fâcheuses de l'anti-productivisme il rappelle que pendant les années 30 l'anti-productivisme faisait bon ménage avec le fascisme et comme j'aime l'histoire, j'aime ce rappel historique. Sauf que le plus souvent l'histoire on s'en sert plus qu'on ne la sert et c'est le cas de ce travail.

Les Zindigné(e) sont anticapitalistes et anti productivistes et Philippe Pelletier démontre qu'on peut être pro capitaliste et anti productiviste. Donc méfiance. Pour en arriver à quoi ? En fait, être anticapitaliste est largement suffisant même si des anticapitaliste sont productiviste. Ce discours est connu : ne soyez pas féministe car si vous êtes anticapitaliste vous êtes féministe tandis que le féminisme est finalement le nom de quoi ?

J'en déduis que tout se réduit à la question : qu'est-ce que le capitalisme ? Et la réponse est à la fin des trois articles dans une parenthèse : "L'écologisme réactive le discours contre le productivisme sans, finalement, vraiment remettre en cause les fondements mêmes du capitalisme (propriété des moyens de production et d'échange, salariat, Etat, électoralisme, parlementarisme)."

Mais alors le groupe Ordre nouveau en 1933 qui se disait anti-productiviste (thème majeur d'un des articles) était aussi anticapitaliste puisqu'ils refusaient le parlementarisme ?

Au total le travail de Pelletier fait dans l'essentialisme pour oublier que depuis très longtemps il existe des marxistes écolos, des anti-productivistes de gauche. D'où l'article ci-joint de 1922 sur Productivisme et Coopérativisme qui pose en effet des questions d'aujourd'hui mais sous un angle totalement différent. Pour servir l'histoire il ne faut pas présenter l'anti-productivisme sous un seul angle mais dans le cadre du débat social où déjà s'affrontaient les productivisme et leurs opposants.

C'est vrai le document que j'offre qui date de 1922 Productivisme et Coopérativisme on peut permettre de dire que l'espoir coopérative d'hier ne valait pas mieux que l'espoir écolo d'aujourd'hui. Evitons les jugements à l'emporte-pièce pour défendre l'inutile, l'histoire est celle là, celle des mêmes débats : qui est le producteur ? productivisme_et_coop_rativisme

J-P Damaggio



[1] Critique du productivisme dans les années 30, mythes et réalité (2016, Noir et Rouge éditions) et Climat et capitalisme vert (216, Nada éditions).

Commentaires
P
Il faut aller jusqu'au bout de l'argumentaire. Dans mon livre, j'essaie de montrer quelles sont les limites de l'antiparlementarisme des anti-productivistes de l'Ordre nouveau des années 1930. En outre, l'anti-parlementarisme seul n'est pas un gage de vertu. C'est bien la combinaison des différents éléments qu'il faut retenir, et ce principe-clef : le capitalisme ne produit pas pour produire (ce que disait L'Ordre nouveau, ce que disent les anti-productivistes actuels), mais pour vendre. Masquer cette réalité du capital aboutit à lancer la lutte anti-capitaliste sur des rails trompeurs. Enfin, critiquer cette erreur congénitale de l'anti-productivisme ne signifie pas soutenir le productivisme. Ne pas croire en Dieu ne signifie pas croire dans le Diable. Philippe P.
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