L'Italie sans Berlusconi
Tant que Berlusconi dirigeait l'Italie, le pays faisait la Une des grands médias, preuve supplémentaire que les "provocateurs" ont la cote dans les salles de rédaction. Le référendum du 4 décembre fait son apparition dans les commentaires avec cette question : qui après Matteo Renzi ? La célèbre revue, The Economist penche pour le NON ce qui surprend : Renzi's risky referendum.
Une situation compliquée ?
Berlusconi avait passé un pacte avec Renzi sur le cas de cette réforme constitutionnelle mais depuis les municipales et l'échec de Renzi il a changé son fusil d'épaule, soutient le non et veut renégocier le dit pacte. Renzi répond que s'il y a renégociation ça sera avec Beppe Grillo et Massimo d'Alema les deux autres soutiens du NON car lui il ne sera plus là.
N'ayant pas l'âge de De Gaulle je doute que Renzi démissionne suite à la victoire du NON mais ceci étant quel avenir politique pour l'Italie ?
Si Berlusconi est un nom facile à lancer dans les médias ils sont en fait trois autres à préparer la succession :
-Mario Monti : Nommé commissaire européen au Marché intérieur en 1995, puis commissaire européen à la Concurrence cinq ans plus tard, il retourne au monde universitaire à la fin de son mandat, en 2004, puis devient, en 2005, consultant pour Goldman Sachs. Président du conseil en 2012 dans un gouvernement de "techniciens" il fut champion en austérité. Aux élections il lance un parti "Avec Monti pour l'Italie" mais n'obtient que 10%.
- Beppe Grillo : la particularité du Mouvement 5 étoiles c'est son refus de toute alliance avec qui que ce soit alors qu'en Italie tout est combinazione.
- Matteo Salvini est le nouvel homme fort de la Ligue du Nord. Même si les dernières élections européennes n'ont pas été convaincantes il est devenu un homme clef.
Pour rappel aux dernières européennes Mateo Renzi avait créé la surprise en portant son parti à 40%, le deuxième étant loin derrière mais ayant pour nom Beppe Grillo, 21%. Depuis, les municipales de juin dernier furent un échec cuisant pour Renzi, avec Le Mouvement 5 étoiles gagnant seul, les mairies de Rome et Turin !
Dans ce contexte, comme je l'ai indiqué, les Anglais et les Etatsuniens suivent plus attentivement qu'en France la situation italienne : « Le 5 décembre au matin, l'Europe risque de se réveiller avec la menace de se désintégrer à court terme », écrit le Financial Times. Pour le Wall Street Journal, « une victoire du non influencerait le climat politique pour 2017 [année d'élection en France et en Allemagne, NDLR] sur tout le continent européen. Le scrutin italien est plus important que le Brexit. »
En attendant le peuple paie au prix fort la régression sociale italienne. J-P Damaggio
