De Fillon à Marchais
FF n’est pas content, on lui veut du mal. Le presse lui tombe dessus sans raison. C’est injuste. Il sait ou ne sait pas que tout candidat à l’élection présidentielle acquiert une notoriété qui fait vendre du papier et alors les vieilles casseroles ressortent. Sans être candidat à la présidentielle, tout le monde se souvient du cas Cahuzac. Ses malversations avaient été évoquées mais sans suite, car il ne pesait pas lourd. Voilà qu’il devient ministre du budget or ses malversations d’hier ont un lien avec ses fonctions nouvelles. Et la suite est connue !
Quand il est devenu évident que Georges Marchais allait être candidat à la présidentielle de 1981, il a lui aussi crié contre la presse, qui est allé fouiller dans son passé. Dans ses mémoires, Pierre Juquin rappelle comment L’Express a ressorti son affaire du "travail volontaire" en Allemagne. Là aussi le dirigeant communiste s’était lui-même mis en difficultés par ses propres mensonges.
Tout débute dans la nuit du 5 mars 1980. Des imprimeurs du journal L’Express se précipitent à la fin de la nuit chez Pierre Juquin qui est proche et qu’ils connaissent, avec le tirage du dossier : « Marchais en Allemagne 1942-1944 : la preuve du mensonge.»
L’affaire avait surgi dix ans avant, le 5 juin 1970, dans Le Monde sous la plume de Charles Tillon, Kriegel-Valmiront, Jean Pronteau et Roger Garaudy. Tillon est le plus en pointe pour dénoncer la fausse bio que Marchais avait rempli en entrant au PCF.
Marchais n’avait-il pas été seulement « déporté du travail en Allemagne et évadé le 10 mai 1943 » comme il le disait, mais volontaire pour aller travailler pour l’ennemi ? Qui peut bien avoir orchestré la nouvelle attaque ? Juquin écrit : « Le seul Jean François Revel directeur de l’Express ? Valéry Giscard d’Estaing peut-être ? A moins que les Soviétiques ? Ou alors le PS ? Temps mort. Tout à coup, Georges redevient lui-même : « Les canailles ! rugit-il c’est Mit’rand ! » Possible. Laissons tomber les supputations. Organisons la riposte. »
En fait il reste un trou pas clair entre mai 1943 et 1945. Est-il revenu en Allemagne à la demande des Soviétiques pour espionner les usines d’aviation ?
« Qu’en conclure ? J’en conclus… J’en conclus… que l’histoire de Georges finira sans doute, tôt ou tard, par être éclaircie. » dit Juquin.
Thierry Jonquet fera un roman de cette histoire : Du passé faisons table rase.
La polémique a-t-elle jouée un rôle quant aux résultats électoraux ? Pas plus que la Francisque n° 2202 attribuée par Pétain à Mit’rand ! Peut-être parce que nous vivions une époque antérieure aux chaînes d’infos en continue. J-P Damaggio
PS Sur la photo du 2 mars 1977, à Madrid, le PCE n'est pas encore légal, Marchais et Berlinguer sont venus soutenir Carillo.
