Les enfoirés de l’Europe
Ils trônent sur les plateaux télés. Ils sont experts, analystes, commentateurs. Ils chantent la même chanson jusqu’à l’indigestion. En 2005 leur arrogance, leur suffisance, leur expérience a été, à mes yeux, une des raisons du succès du Non. Ils étaient tellement TOUS pour le Oui que l’homme de la rue a fini par voter NON. Je ne sous-estime pas l’action des militants du NON, mais EUX, les acharnés de «Europe, Europe, Europe» ils ne peuvent que susciter la colère des citoyens.
Aujourd’hui ils sont toujours là, toujours les mêmes, toujours à nous bassiner au point, tristesse, de susciter des vomissements envers l’Europe, chez les vrais européens (j'en suis). Ils sont là, au vu des résultats de l’Europe, à alimenter le vote Le Pen, alors que le FN ne résoudra rien. Mais au cours de cette campagne électorale, ils ont désigné l’adversaire à abattre au nom étrange, Le PLAN B. Ils ne savent même pas que LE PLAN B est EUROPEEN !
Pour mettre de la chair dans mon propos, je vais citer l’homme entendu hier : Monsieur Henri Weber qui a découvert dans le plan B une stratégie trotskyste, et son passé à la LCR valide son analyse. Il ne sait pas que le plan B est né suite aux événements de Grèce quand Tsipras a cru qu’en faisant voter les Grecs, il impressionnerait la Commission européenne, qui n’a pas varié d’un pouce, et c’est Tsipras qui a « oublié » le vote du référendum qu’il avait suscité ! Donc plusieurs groupes politiques se sont unis pour réfléchir à un plan B ce qui n’a strictement rien à voir avec une stratégie trotskyste !
Donc reprenons la question au départ. Depuis très longtemps la gauche répète « Europe sociale », «Europe sociale», «Europe sociale» et plus les années passent, moins l’Europe est sociale ! Donc que faire ? Les commentateurs qui trônent sur les plateaux télés répondent : on la garde ou on la quitte, et si on la quitte c’est le précipice !
Quand la France insoumise, avec d’autres, propose un plan B, elle ne fait rien d’autre que ce qu’a fait le premier ministre anglais : « attention j’ai convoqué un référendum, donc je négocie pour des résultats capables de faire gagner le OUI ». Et même dans ce cas, le NON a gagné ! Or le plan B c’est la même chose ! Mais à aucun moment, Weber ne rappelle que la proposition, c’est de demander l’avis aux citoyens ! Comme si, par avance, il savait que l’élection donnerait comme réponse : «L’Europe on la quitte». Avant même de savoir les résultats de la négociation…
Dans ces conditions, il y a un mystère pour moi : pourquoi Benoît Hamon a-t-il décidé de faire de l’Europe l’axe de sa dénonciation de Mélenchon ? Membre d’un gouvernement qui s’est couché par rapport aux ambitions de départ, face à l’Europe libérale, a-t-il lui un plan B ? Est-ce sa bonne tête ? Il explique que si on sort de l’Europe et de l’Euro c’est la catastrophe pour l’écologie etc. car il sait que la sensibilité écolo est fortement pro-européenne. Ainsi, il pense peut-être enrayer le vote écolo pour Mélenchon ? Sincèrement je ne comprends pas car l’homme a des idées, il réfléchit, et il sait bien que l’Europe tourne très mal et que la catastrophe, on y est sur les rails ! J-P Damaggio