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Vie de La Brochure
25 avril 2017

Pourquoi la déroute de Benoit Hamon ?

hamon

la caricature  (cliquez sur le mot pour accéder au site)

1 ) Electrices et électeurs ont sanctionné un double langage dont le PCF a été victime en 1984. On ne peut à la fois être membre d’un parti qui est au gouvernement et taper régulièrement sur ce gouvernement. Oui, mais il a quitté assez vite le gouvernement ! Mais par le PS ! Et en fait il a quitté le gouvernement pour préparer sa candidature à la présidentielle ! Ségolène Royal a été conduite à la même gymnastique en 2007 mais en créant sa propre organisation « Désir d’avenir » elle avait mise en place une autre légitimité. Oui, mais Hamon était légitimé par une large primaire ! Les Républicains comme le PS ont décidé de confier la responsabilité de choisir leur candidat à une primaire qui avait pour résultat essentiel… de délégitimer leur fonction de parti politique ! Le PCF était face à la même difficulté (choisir un candidat) et il s’est à juste titre contenté d’interroger ses membres.

2 ) La date des primaires retardée le plus possible a été un énorme handicap pour tout le monde. Pour conduite une telle campagne la stratégie doit être mise en place publiquement bien avant, ce que Macron a su faire, tout comme Mélenchon. Hamon soumis aux règles du PS est donc sorti gagnant grâce à un programme mal ficelé et pour gagner il s’est ensuite lancé dans une négociation avec Jadot qui ne pouvait plus produire l’effet attendu : un effet unitaire. Tout comme le programme, l’accord apparaissait plus comme une combine politicienne que comme une construction programmatique cohérente.

3 ) Primaires et accord avec Jadot l’ont placé dans les sondages devant Mélenchon et il en a déduit qu’il pouvait siphonner ses voix, sauf que Mélenchon, en course depuis des mois, n’était pas engagé dans un sprint mais dans une course de fond qui, très vite, a laissé Hamon derrière, faisant du PS une victime du vote utile dont il avait toujours bénéficié auparavant. La montée de Mélenchon l’incita à un sprint final devenu impossible.

4 ) Dans le camp de Hamon certains considèrent qu’il a présenté des idées trop neuves qui gagneront avec le temps. En réalité il s’agit d’une seule idée neuve : le revenu universel. Or cette idée était surtout une idée électoraliste. Hamon aurait pu la défendre depuis des années, aussi, en la saisissant en janvier 2017, il a voulu dire aux gens : avec moi vous allez gagner plus. Nous verrons l’usage qu’il va en faire au cours des prochaines années mais je crains qu’elle retombe là d’où elle vient, de cercles politiques marginaux.

5 ) Ceci étant, il a fait une campagne intelligente sauf sur la fin quand il a vu que le pacte signé avec Mélenchon, faisant le jeu de Mélenchon, il s’est uni à tant d’autres qui ont versé sur le candidat de la France insoumise un torrent de boue. Le mot trotskisme est redevenu dans la conversation courante mais pas à propos de Poutou/Artaud mais à propos de Mélenchon à qui on pouvait reprocher en même temps sa longue carrière de sénateur.

6 ) L’avenir peut-il se construire autour d’un rapprochement entre France insoumise et Hamon ? Je n’en crois rien car Hamon reste d’abord un socialiste. En quittant le PS, Chevènement puis Mélenchon ont cru que le chemin qui s’ouvrait devant eux serait de tout repos vu la grandeur de leurs idées. Ils découvrirent qu’il n’en était rien et, y compris pour France insoumise, même avec ce résultat rien n’est gagné.

7 ) L’avenir peut se construire en faisant, des éléments du programme L’avenir en commun, des batailles politiques sociales jusqu’en 2019 date des prochaines élections européennes. Au PS de régler ses propres comptes. J-P Damaggio

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