Le second tour vu du Tarn et Garonne
Comme toujours nous avons deux circonscriptions et deux cas de figure.
La mienne est la deuxième et elle va opposer Sylvia Pinel, macron compatible, et le FN. La veille du premier tour La Dépêche, bien renseigné, a annoncé la situation : trois candidats possibles pour le second tour, Pinel, Lopez, Albugues. Et en effet tel fut l'ordre chéri du journal. Il a manqué 3% au candidat de droite (Albugues) pour être au second tour ce qui aurait signé la mort de la candidate PRG-Macron.
Nous le savions depuis le début : seuls les deux premiers seraient qualifiés donc, pour le PRG il fallait mettre en avant le candidat FN comme il le fait depuis longtemps (et France 3 a fait de même pour contrer le pouvoir de Baylet !). Est-ce qu'à force de jouer avec le feu le PRG peut se brûler ?
Aux présidentielles, nationalement Macron avec 23% et le FN avec 21% a très largement gagné. Pinel avec 27% et Lopez avec 21% peut-elle perdre ? Le FN avait fait 29% au premier tour (de 21720 voix il tombe à 9836) donc les abstentionnistes tiennent en main le résultat même si par rapport à 2012 le rapport est déséquilibré (42% pour Pinel contre 19% pour le FN ce qui au second tour avait donné 60/40).
Et au-delà des deux gagnants ? Le candidat de droite récupère à peine le score de Fillon en pourcentage des exprimés (de 16 à 18%) ce faisant il passe devant la France insoumise qui avait été troisième et qui passe quatrième. Cependant Ivan Jacquemard fait nettement mieux que la moyenne nationale de FI alors qu'à la présidentielle, dans la circonscription, FI faisait 1% de moins que la dite moyenne, or il y avait en plus la candidature PCF.
Cette circonscription avait une "anomalie" : une candidature PS dissidente (avec soutien d'une adhérente En Marche !) qui a obtenu 6% ce qui est dans l'ordre des résultats des dissidences habituelles (pensons au cas des Régionales avec la liste Saurel qui cependant annonçait Macron !). Cet échec nous rappelle que les législatives ne sont pas des élections locales.
Le score suivant est celui d'EELV qui retrouve celui de 2012 (de 3,51 à 3,64%) preuve d'un enracinement certes faible mais solide.
Le PCF n'arrive qu'en 7éme position avec 2,15% soit 980 voix. L'explication est simple et Maximilien Reynes-Dupleix (PCF) l'a fournie aussitôt à La Dépêche : "Le parti des insoumis a siphonné nos voix et divise le peuple orphelin d'une espérance." Jusqu'aux présidentielles les voix du FedG étaient autour de 6% dans les différentes élections (5,4% en 2012 dans la circonscription sans personne pour "diviser" !) donc on peut imaginer que la FI a pris 4% au PCF mais comme la FI a fait presque 14 il s'agit d'un étrange siphon. La FI a au contraire redonné une certaine espérance en mobilisant un électorat que le PCF avait découragé depuis des années ! Et le PCF en s'acharnant à répéter jour après jour, que la FI était le parti de la division a continué de décourager une part de son propre électorat ! En effet qui peut croire que quand la "candidature de la division" obtient 14% la candidature qui fait 2% était celle du "rassemblement" ? EELV aurait pu, vu la campagne écolo de la FI, se plaindre beaucoup plus de la naissance de ce nouveau mouvement mais ne le faisant pas, ils sont devant le PCF !
La première circonscription
La situation est similaire sur bien des points. Défaite de la droite qui pourtant dirige la ville de Montauban, démobilisation relative à la FI (11,2%), même score pour le PCF que dans la première (2,44%) qui cependant passe juste devant EELV.
Pourtant elle diffère sur plusieurs autres vu qu'au second tour on a un candidat Macron totalement nouveau, qui arrive à 29%, et la candidate socialiste qui réalise un exploit : 18,7%. Malgré les efforts de La Dépêche il a manqué 900 voix au candidat FN pour être au second tour ! En effet, la position pro Macron de Baylet fait qu'il a été obligé de soutenir M. Mardegan, son adversaire au Conseil départemental ! Et le faire élire brillamment, en aidant le FN à être au second tour, c'est un coup classique d'où, au dernier moment, l'entretien très courtois avec Thierry Viallon sur La Dépêche. Ainsi Baylet arrive même à diviser le FN : sur la deuxième, dénonciation féroce de Baylet par le FN, et sur la première tout est en douceur !
Donc la candidate PS a déjoué ce calcul savant et malgré l'échec de tant de ses amis, elle est au second tour, ce qui prouve une capacité à se faire entendre. Peut-elle au second tour se retrouver en tête ? Elle peut compter sans doute sur la grande majorité des voix des insoumis, du PCF et de EELV ce qui l'a met au-dessus de Mardegan. Les abstentionnistes, les électeurs du FN et de la droite tiennent la réponse. A titre personnel je souhaite sa victoire même si sur le dossier de la LGV je suis en total désaccord avec elle. J-P Damaggio