Sanchez-Iglesias, le retour du PS
Le PS français peut-il remonter la pente ? Puisque dans un article précédent j'ai évoqué France insoumise et Podemos, pour repenser le cas du PS comment ne pas suivre l'actualité espagnole actuelle.
Les militants du PSOE ont décidé de remettre au premier plan Pedro Sanchez qui représente l'aile gauche du parti. De ce fait des échanges sont en cours avec Podemos pour préparer la chute de Rajoy.
Mais pour un parti comme pour l'autre il s'agit de préparer l'objectif avec minutie aussi bien en matière de construction d'une majorité qu'en matière de politique à suivre.
Suite aux élections, la droite de Rajoy n'a pas eu la majorité mais a pu diriger le pays grâce à l'abstention du PSOE où par un coup d'Etat interne le dirigeant de l'aile gauche a été écarté du pouvoir. Cette opération a pu se réaliser d'autant mieux qu'à Podemos la question de la négociation avec le PSOE n'était pas claire.
A présent, après les modifications dans le PSOE on a assisté à des modifications dans Podemos. Si Iglesias a représenté l'aile peu disposée à discuter avec le PSOE, il doit tenir compte que presque 50% des membres, pour faire tomber Rajoy, ne rejette pas une entente à gauche.
Toute la question porte donc sur les conditions d'une entente possible, et en particulier sur les mesures sociales qu'un gouvernement Sanchez pourrait mettre en œuvre.
Le point le plus difficile c'est l'inclusion ou pas du parti centriste Ciudadanos dans la négociation, en obtenant peut-être son abstention.
Podemos avait eu l'ambition de surpasser le PSOE et l'histoire est claire : cet objectif reste difficile à atteindre à partir du moment où la puissance de Podemos pousse le PSOE vers la gauche et donc en concurrence directe avec… Podemos !
Est-ce que demain le PS peut lui aussi renaître de ses cendres ? Je le pense non en lisant dans le marc de café mais en étudiant l'histoire passée. Les dirigeants de France insoumise, avant d'enterrer le PS devrait mieux étudier l'histoire. Tout indique qu'il existe encore un électorat prêt à redonner sa chance au PS, une partie qui a voté pour Mélenchon à la première étape du la présidentielle au nom du vote utile, une partie qui a soutenu Macron faute de mieux.
L'échec de Macron pourrait relancer une alliance PS-PCF-EELV [EELV a beaucoup perdu aux législatives en matière de député mais a conservé un électorat fidèle de 3-4% environ] contre une France insoumise ainsi isolée.
J-P Damaggio