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Vie de La Brochure
26 novembre 2017

FI en Convention à Clermont-Ferrand : témoignage

 

Jean-Hugues Ratenon

L’heure est au récit de vie afin d’être plus convainquant. Elément de langage dit-on. Je vais donc sacrifier au rite moderne sans chercher à convaincre.

Etant sur les fichiers de France insoumise j’ai été invité comme tous les autres (600 00 me dit-on) à postuler pour que le sort décide si oui ou non je pouvais participer à la Convention 2017 (il en existe une par an). Vous connaissez la réponse puisque j’écris ce témoignage. Pour le cas où certains des 1500 se désisterez, il y a eu un second tirage au sort et même Marie-France a pu être du voyage.

J’aurai préféré l’envoie d’un délégué par groupe d’action puisqu’en groupes d’action est constituée France insoumise mais le sort en a décidé autrement. Donc j’ai reçu par internet la fiche de participation et samedi matin, après 3 h 30 de route plus la demi-heure de pause nous étions à la Grande Halle d’Auvergne à 11 h. Organisation parfaite ; contrôles précis : badges sur ma poitrine, nous sommes rentés et là un document rappelle les éléments premiers de la Convention avec en dernière page les cases donnant lieu à un café petit-déjeuner plus un sandwich pour le déjeuner. Encore un grand chapeau à l’organisation. Des stands sont là, de Fakir à l’Heure du peuple, quelques tables et chaises pour s’asseoir et attendre l’entrée dans la salle prévue à 12 h 30.

La disposition de la salle veut donner l’esprit de la Convention. Je ne sais si c’est la première fois que nous assistons à un dispositif Alinsky. Je l’avoue, j’ai beaucoup circulé mais c’est ma première découverte de la dite méthode. Allier une réunion de 1500 personnes et le travail en groupe de 7-8. Sans la moindre tribune officielle, même s’il y a une tribune centrale et trois tribunes périphériques car la salle est en effet distribuée en trois zones. Dans le programme j’avais noté : «un travail de réflexion collective s’effectue en ateliers de 7 à 9 personnes » mais je voyais mal comment opérer de manière pratique.

La réponse est donc à la fois dans la disposition de la salle et dans le fait qu’à chaque participant était attribué un n° de place.

Je me retrouve donc avec un habitant d’Alsace, un de Paris, un de Perpignan et trois dames du secteur (Cher, Haute-Vienne et Puy de Dôme). Sympathique la formule mais efficace ?

L’originalité de la Convention tient à la date : les deux précédentes étaient structurées autour de la campagne présidentielle, alors que cette fois, c’est après suivant le principe : ils ont voté et puis après. En conséquence Mélenchon n’est pas là pour conclure mais pour introduire puis il ne reviendra qu’aux adieux de la fin.

Laissons son intervention pour en arriver tout de suite au cœur de l’opération. Voter et puis après… mener trois campagnes choisies par les 69 001 inscrits sur le fichier internet parmi 30 propositions.

 

 - Je vous arrête, Monsieur Damaggio, ceci n'est pas un récit de vie mais un compte-rendu administratif. Pas l'ombre d'un sentiment, donc pas l'ombre d'un suspens…

- Il faut bien explique l'inconnu car en fait France insoumise n'est pas connu…

- Avec 7 millions de voix !

- En quittant la Convention, je me suis arrêté manger dans un flunch et le cuistot m'a dit car j'avais encore mon badge : "Vous venez d'une convention?" 'Oui de La France insoumis" "De quoi ?" "Mélenchon" "Ah ! Mélenchon". Et tout en faisant cuire la pièce de bœuf vu le peu de monde la discussion a continué : "Et ça c'est bien passé ?" "La Révolution n'est pas pour demain !" "C'est dommage il y         aurait bien quelques têtes à couper !" La pièce de boeuf était cuite et je n'ai pas demandé s'il pensait au patron de Flunch.

- Bon je comprends mais il te faut penser à l'intervention de Charlotte Girard. Tu as vu comment elle a su annoncer les trois campagnes, comment elle a su éveiller l'attention et a su donne envie d'entrer aussitôt dans l'action !

 

Donc nous en arrivons au premier point de l'ordre du jour : la réponse de 69 001 votants. Je ne me plains pas des réponses même si aucune des trois ne fait référence à celles que je soutenais. Il y a eu 30% de votants pour retenir en première campagne la lutte contre la pauvreté. Voici la proposition exacte qui était en n°10 : Lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes (précarité, mal logement, accès aux soins, surendettement, expulsions en dehors de la trêve hivernale) en exigeant notamment l'augmentation des salaires et des minimas sociaux.

Après cette révélation et les suivantes que je garde pour la suite (suspens oblige !) une instit (pardon une prof des écoles) a fait référence en un magnifique récit de vie à une expérience tout comme une élue municipale qui travaille avec RESF, tout comme le député de la réunion.

Personne dans la salle n'a rien appris mais bon… il fallait passer au travail en petit groupe, travail divisé en trois comme il y a trois campagnes. Et là je dois sonner la deuxième car elle concerne ma table : c'était la campagne mise en n°1 : "Exiger la fermeture des réacteurs nucléaires en fin de vie pour aller vers la sortie du nucléaire et la promotion des énergies écologiques alternatives."

Là pour le interventions aidant à la mise en œuvre de la discussion à 8, j'ai eu le plaisir d'écouter une nouvelle fois Martine Billard. J'aurai pu aller la saluer mais bon… Ce qui est sûr c'est qu'elle n'a pas eu besoin de réviser ses fiches puisqu'elle s'active sur la question depuis trente ans.   

Toutes les cogitations doivent se faire en trois temps : le constat, les arguments, les propositions. Pas besoin d'être savant pour constater que les trois discussions s'emboîtent. Un des paritcipants habitent près d'une centrale et son constat est le mien qui vit à quelques kilomètres de Golfech (du haut de la colline proche je vois les cheminées). Mais aussitôt la discussion porte sur les alternatives. L'éolien ? Là une participante témoigne d'un champ d'éoliennes qui pose des problèmes et un accord se fait sur l'idée que les éoliennes devraient être en pleine mer. En France pas l'ombre d'une éolienne en pleine mer avec pourtant un kilomètre de côtes impressionnant. La cogitation doit durer 20 minutes et des groupes pensent que ce n'est pas assez. Il est proposé d'envoyer par SMS les observations. Pas très pratique et ça cafouille un peu. Tous les commentaires seront pris en compte mais tout comme les groupes d'action n'ont pas des représentants en tant que tel, aucune table ne fait part de ses conclusions (trois auraient pu être tirées au sort…). Il y a comme deux temporalités parallèle : celle construite par le sommet, et celle qui circule parmi les acteurs.

 

- Monsieur Damaggio, les deux temporalités se rencontrent dans l'action, par l'action, pour l'action.

- Mais oui. Dans un an nous verrons le résultat des campagnes. J'ai retenu le récit de vie d'un habitant de Pau. Une importante présence de Total, 2000 employés, fait que l'équipe de Rugby est largement aidée par Total. Ls élus sont contents de Total le créateur d'emplois. Total use des paradis fiscaux qui sont l'objet de notre troisième campagne mais comment dire du mal de Total dans ce contexte ?

 

De quelle nature est le rapport des forces dans la société ? Voilà le constat politique déterminant. J'y reviendrai d'ici une semaine dans un compte-rendu d'une vingtaine de pages. JP Damaggio

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