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Vie de La Brochure
23 février 2018

Détails argentins 15 : la agricultura

Par les paysages traversés du Nord-Ouest et du Nord-Est, nous avons pu vérifier l’extrême puissance de l’agriculture. Or nous sommes restés loin de la fameuse Pampa où la concentration foncière, vu la diminution des exploitations est considérable : à l’échelle du pays, la taille moyenne est passée de 470 hectares en 1988 à 587 en 2002 et à 634 hectares par exploitation en 2008. Pour aujourd’hui je ne sais.

L’Argentine est la démonstration que l’on peut devenir une puissance économique par le seul effet des céréales et des bovins et ovins à condition bien sûr de découvrir un débouché sur le marché mondial, et d’avoir à l’époque l’infrastructure ferroviaire adéquate. Les Anglais seront la chance du pays puisqu’ils ont besoin des produits agricoles et ont les moyens d’assurer la construction des chemins de fer nécessaires à leur diffusion.

Encore aujourd’hui le sort du pays se joue hors des frontières, à Chicago, haut lieu qui décide du prix du soja, une folie agricole qui tend à devenir un problème grave pour diverses raisons.

Même là où nous étions, où la présence de l’eau déborde l’imagination, pour l’essentiel du pays (70%),il est sec et il suffit d’une sècheresse s’ajoutant aux habitudes climatiques, pour provoquer une crise agricole. La course à l’exploitation du bois n’est pas le moindre danger d’un équilibre fragile.

Quant à l’agriculture OGM elle est le deuxième facteur humain qui casse la machine.

La région de Neuquén, Rio negro, est une des plus affectés par l’avancée de la désertification (mais c’est vrai aussi dans toute la Pampa et la région de Mendoza). Donc il s’agit de replanter en arbres pour au moins limiter l’avancée du désert sur une zone de plus d’un million d’hectares. Il avance de 650 000 hectares par an. Après des cultures qui tuent la terre, le vent enlève le reste d’éléments utiles, et le désert devient irréversible.

Quant aux effets des OGMs il y aurait entre 500 000 et 600 000 hectares qui seraient devenues incultivables, laissant place au désert. Ailleurs comme à Mendoza le développement massif de la culture de la vigne a nécessité des piquets donc une déforestation d’algarrobos. En Patagonie au moment de l’explosion du commerce de la viande avec l’Angleterre il y a eu jusqu’à 22 millions de moutons qui ont provoqué des destructions qui font qu’aujourd’hui, le troupeau a été réduit de moitié.

 

Dans le nord-est que nous avons visité une coopérative agricole construite d’abord base sur la production de la feuille de maté et qui s’est diversifié : cornichons, choclos et autres. Elle témoigne d’un dynamisme nouveau dont cette région a besoin. Mais un dynamisme contrasté : 70% des producteurs ont moins de 100 hectares pour 8% du territoire, tandis que 1% des exploitations ont plus de 5000 hectares pour 34% de la superficie totale.

A Salta la question est la même avec des productions différentes : vin, tabac, soja, agrumes pour les secteurs en expansion ; agriculture de subsistance pour les autres.

Cette agriculture sur le marché européen contribuerait à la mort de paysans français.

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