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Vie de La Brochure
2 mars 2018

François Ruffin fils de paysan

Fakir 84

Il m’arrive de ne pas être d’accord avec François Ruffin (sur l’analyse du FN par exemple) et je l’ai écrit. Mais ça n’enlève rien à mon intérêt pour son action, voir même mon admiration.

Donc je témoigne de ma lecture du dernier numéro de son trimestriel, Fakir.

J’admire sa façon d’inscrire ses combats dans l’histoire et avec ce numéro on est servi avec en ouverture le Victor Hugo de 1850 et en conclusion le Jean-Baptiste Drouet de Roger Vailland et Raymond Manevy.

Il y révèle qu’à la première réunion du groupe de la France insoumise il a offert à tous les présents le livre de 1979, Un homme du peuple sous la révolution qui raconte l’histoire de ce courageux qui arrêta le roi à Varennes et donc la Révolution fit de la vie, une aventure phénoménale. Je ne connaissais pas ce récit qu’il résume sur deux pages magnifiques.

 Mais Fakir n’est pas un journal d’histoire mais d’actualité et l’actualité de Ruffin s’appelle la lutte sociale. Peut-être parce que sa région a été le lieu de catastrophes sociales (et donc de luttes) considérables ? Pour moi, Amiens c’est loin, et cet éloignement m’a tenu loin de Fakir (qui en est tout de même à son numéro 84).

 Donc dans le n° de Février-Avril il y a une part de l’enquête dans le milieu agricole (qui a donné lieu à un livre de 224 pages !) et en plus du côté social je me retrouve totalement dans la manière de l’aborder.

Il rencontre des paysans qui ne sont pas de son bord (et ça l’intéresse plus que le principe qui se ressemble s’assemble) avec qui il parle du fameux glyphosate. Les paysans en question sont pour et lui ne répond pas qu’ils sont idiots mais cherche une façon de répondre qui puisse inclure le propos de ses interlocuteurs sans le soutenir !

«Dans vos propos je reprends, y a deux choses qui se confondent. Vous dites : « On ne peut pas travailler sans», et du coup, ça vous amène à défendre le produit, à contester sa nocivité. Vous voyez ce que je veux dire ? Vous raisonnez  un peu à l’envers : comme vous ne pouvez pas vous en passer, vous déclarez que ce n’est pas si mauvais… vous voyez ? -Oui, vous avez raison, il concède.»

Depuis des décennies les opposants au nucléaire restent des incompris car ils en font cent moins, en faveur des énergies renouvelables. Ce n’est pas parce que le nucléaire est mauvais qu’il faut en sortir, mais parce qu’il peut y avoir mieux !

D’autres inversent le propos : à démontrer que le nucléaire est mauvais ça oblige à faire avancer les énergies renouvelables. Or trente ans d’histoire démontrent en France que c’est l’échec.

 Pour le dire autrement, si l’objectif est de convaincre les opposants, rien ne peut avancer par l’enchaînement de certitudes qui renforcent les incertitudes adverses, mais par l’affirmation de doutes en quête d’alternatives car l’alternative ne peut pas être écrite par avance sinon elle serait en place !

J-P Damaggio

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