En 68 Hervé Villard rate son suicide
Le succès est une drogue dangereuse. En Tarn-et-Garonne je me souviens du jeune héros du film Lacombe Lucien. La fortune lui tombe du ciel. Il achète une voiture grand luxe. Même les voitures grand luxe pouvaient conduire le chauffeur dans sa tombe.
Pour Hervé Villard le fortune lui est venue en 1965 à cause d’un quarante-cinq tours portant ce titre : « Capri c’est fini ». Une fin qui a failli tourner mal en 68 quand le chanteur découvre qu’il n’est déjà plus en haut de l’affiche des médias qui l’avaient encensé.
Il était chez lui avec deux amis quand il les abandonna pour aller dans la salle de bains avaler un tube d’aspirine.
Il n’attend pas la mort dans la salle de bains. Par ultime souci du spectacle il revient dans le salon pour dire à ses amis : «Je vais mourir».
Un lavage d’estomac et le chanteur est remis sur pied.
Le symptôme d’une France malade ? D’une jeunesse voulant tout et tout de suite ? D’une industrie du disque en quête de la chanson jetable ? J-P Damaggio