En 68, Garaudy soutient Dubcek
Né en 19132 Garaudy se convertit au protestantisme à 14 ans, adhère au PCF en 1933 et devient en 1937 membre de la Fédération communiste du Tarn puis permanent de 1944 à 1962. Entré au Comité central, il devient membre suppléant du Bureau politique en 1956 puis titulaire à partir de 1961. Directeur du Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) de 1956 à 1969.
La politique du PCF en mai - juin 1968 provoque chez lui une évolution. Dans Démocratie nouvelle, il analyse de façon personnelle le mouvement étudiant et demande que "le parti prenne en charge les aspirations nouvelles qui se (font) jour chez les étudiants comme chez les ouvriers". Au Comité Central du 8 juillet 1968 tenu à Nanterre, Garaudy reproche à la direction la façon dont elle combat l’extrême-gauche. Mais c’est l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie qui entraîne la cassure définitive. Pour Garaudy, la "réprobation" affirmée dès le 21 août par le Bureau politique n'est pas suffisante, il faut aller plus loin. Il s'efforce, en vain, d'en convaincre cette instance que Waldeck-Rochet maintient de plus en plus difficilement dans une position médiane entre la condamnation et le soutien inconditionnel à l'Union soviétique.
Roger Garaudy avait publié cinq livres en 1968 (!), dont un avec Dubcek et d'autres : La liberté en sursis. Il envoya ce livre avec dédicace à son adversaire majeure au sein du PCF, Jeannette Vermeersch.
A partir de juin 1969, le PC apporte à nouveau un appui sans réserves à l'Union soviétique au sein du mouvement communiste international comme il le montre lors de la conférence mondiale des partis communistes réunie à Moscou du 5 au 17 juin 1969. A cette occasion, Georges Marchais, profitant de l'absence de Waldeck-Rochet à la conférence — malade, il est opéré sur place — devient de facto le secrétaire du PCF. Quant à Garaudy il sera exclu en 1970 et son histoire prendra des formes surprenantes après sa conversion à l'Islam. JPD
P.S. : Un article relatif au livre La liberté en sursis, par Lucien Mathey, est paru dans L'Humanité du 5 octobre 1968.
