68, l’analyse de Maurice Kriegel Valmiront
Le_Mouvement_de_Mai_Kriegel_Valmiront
Il est des hommes qu’il suffit de croiser une fois pour s’en souvenir. C’est le cas de Kriegel-Valmiront. Plutôt petit, bien sapé, discret il dégageait une autorité naturelle. Son analyse de Mai-Juin 68 que je reprends ici, écrite à la suite des événements mais publiée seulement en 1978 est très riche, très nuancé, très mesurée et de ce fait passionnante. En 20 pages il n’a pas eu besoin de nommer Cohn-Bendit !
Comparer le 1er mai 1968 et le 13 mai.
Rappeler que le soir du premier tour des législatives toute la gauche, avait recueilli 43,68 % de voix en 1967, n'en compte plus que 41,29 % alors que la soi disant majorité compte au total en 1968, 43,65 % des voix. Il y a seulement 2% d’écart mais le mode de scrutin entraînera une hécatombe pour la gauche en nombre de sièges (ce fait marquera les esprits plus que le nombre de voix). En fait les événements modifièrent très peu le rapport de force électoral qui restera le même jusqu’en 1981.
Kriegel-Valmiront apporte un éclairage sur la rencontre des intellectuels qu’évoque Roland Leroy et il répond à l’idée de Jacques Duclos qu’en 68 il fallait éviter le bain de sang.
Des tas d’autres éléments restent assez inédits ! JPD
