68-78 avec Georges Séguy, la convergence des luttes
68_78_entretien_avec_Georges_Séguy
Je crois savoir que l’actualité est à la «convergence des luttes», un vieux rêve dont Georges Séguy, dirigeant de la CGT à l’époque, parle dans cet entretien de 1978 au sujet de mai 1968.
"C'est dans ce contexte que se pose le problème de la convergence des luttes et des revendications de la classe ouvrière et des autres catégories sociales."
C’est un vieux mythe de l’extrême-gauche pour qui le social devrait se substituer au politique. Or la convergence des luttes n’a jamais existé. Par contre la politisation des luttes peut conduire à la rencontre des luttes. Pour d'autres raisons, Georges Séguy au nom de l’indépendance syndicale vis à vis du politique est aussi conduit à privilégier le social, même si l’organisation, dès les années 1965, appelle les partis politiques à un programme commun de gouvernement de la gauche, or en tant que responsable d’une confédération il sait que de convergence il n’y a jamais eu.
Il peut donc dire ceci : «Il y eut une grande sous-estimation des réactions de la paysannerie travailleuse que pesa d'un poids décisif au moment des consultations électorales.» Les paysans contre les ouvriers ? La classe ouvrière, elle ne vote pas à droite mais la paysannerie oui ? Lieu commun classique.
Ceci état son entretien est éclairant sur bien des points. Il porte beaucoup plus sur 1978 que sur 1968 mais établir ce lien est utile. Au 1er mai 1978 les immigrés étaient en première ligne avec pancartes explicites :
"Les immigrés ne sont pas responsables du chômage". JPD
