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Vie de La Brochure
12 mai 2018

68, le cas toulousain

mai 68 Toulouse

C’est seulement aujourd’hui que je découvre la nature du 68 toulousain. France 3 vient d’en donner quelques éléments, j’avais eu quelques bribes ici ou là, mais grâce à l’article de Christine Fauré nous avons accès à un tableau général qui permet de relever quelques originalités.

-         La présence des enfants d’immigrés de républicains espagnols. Christine Fauré pointe la présence de la CNT dans la Bourse du Travail de Toulouse mais l’héritage touche tous les courants de la gauche.

-         La présence dans les manifestations du maire de la ville et le soutien bienveillant de La Dépêche du Midi. L’anti-gaullisme du journal qui avait plusieurs origines de 1940 à 1958 trouvait là une raison de se réjouir.

-         La forte présence universitaire dont une partie est concentrée encore dans la vieille ville. Le 23 avril les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) et les comités Vietnam (CVN) manifestèrent leur solidarité à Rudi Dutschke qui venait d'être blessé dans un attentat. Le cas allemand a eu une influence importante. Le 22 mars Cohn-Bendit venait de passer ses vacances en Allemagne et il en était revenu avec des images de Rudi Le Rouge. D’où la naissance de ce qu’on appelle : « le mouvement du 22 avril ».

-         Les paysans qui distribuent de la nourriture. Cependant aucune manifestation de la FDSEA n’est pas mentionnée.

-         Le 10 mai qui est celle du lancement de la grève à Fermat est aussi la date du lancement de la grève au Lycée Ingres à Montauban.

Bilan : le cas toulousain fut plus calme qu’à Paris sauf suite à la mort de Gilles Taurin, et c’est visible quand on compare la lutte à Sud Aviation à Nantes et à Toulouse. J-P Damaggio

P.S. Il m'est arrivé de correspondre avec Christine Fauré. Elle a publié en 1989 un livre sur les déclarations des droits de l'homme mises en débat en 1789. Un livre passionnant. J'avais pu lui en envoyer une de plus et elle avait eu l'amabilité de me répondre.

 

 Article de La Dépêche au sujet d’affiches faites à Toulouse

Si cinquante ans après Mai 68, les lanceurs de pavés ont bien changé, les affiches de la contestation étudiante sont toujours là, exposées en grand format à l'école de graphisme Axe Sud à Toulouse.

 Certains l'ont appelé le beau mois de Mai. Pour célébrer ce mois historique, le Matou (ex-Centre de l'Affiche), présente 80 affiches grand format, réalisées dans les ateliers des Beaux-Arts de Toulouse et Paris. Des lieux appelés «ateliers populaires» réunissant étudiants, artistes et travailleurs. «Ces images imprimées en sérigraphie, technique plus simple que la lithographie, ont informé le peuple, lui ont permis d'apprendre les évènements à un moment où les médias (radio, TV) étaient censurés ou en grève», rappellent Henri Métivet, directeur pédagogique et Anne-Claire Metay, directrice Axe Sud Toulouse.

 

Ces affiches intemporelles gardent toute leur résonance en 2018 où le social est au cœur des débats. «Cet écho à la fois surprenant et inquiétant, tendrait à prouver que les choses n'ont pas tant changé en plusieurs décennies», avoue Sonia Gaja, responsable du Matou.

 

Que voit-on sur ces affiches imprimées souvent en une nuit, où les slogans sont décidés lors d'assemblées générales ? «Les phrases chocs étaient souvent trouvées par des gens lambda, constate Anne-Claire Metay, les maoïstes par exemple n'étaient pas très doués». Cinq thèmes se dégagent : les aspirations étudiantes, avec la volonté de briser les carcans. Les revendications des travailleurs de tous secteurs avec les grands mouvements de grève (Renault à Boulogne Billancourt). La contestation du pouvoir politique où le général de Gaulle, qui dirige la France, fait souvent les frais de caricatures. La dénonciation d'une presse de propagande, dont l'ORTF, au service de l'Etat. Et enfin la répression policière avec l'intervention souvent violente des CRS. «Des affiches en forme de «coups de poing» collées à la brosse sur les murs des villes avec de la colle à tapisserie», observe Henri Métivet.

Ces affiches interrogent la jeune génération des 18-25 ans, curieuse de comprendre les raisons qui, à l'aube des années 70, ont chamboulé la société. «Des documents sauvegardant la mémoire patrimoniale, souvent donnés ou vendus au Matou comme cet homme venu avec une pleine valise d'affiches de cette période», conclut Sonia Gaja.

Du 2 au 31 mai à l'Ecole Axe Sud, 9 rue des Amidonniers à Toulouse.

Silvana Grasso

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