Mariategui et le féminisme
Dans ma bibliothèque italienne j’ai un très beau livre qui s’intitule Mexique (il est écrit par un Italien). Dans ma bibliothèque mexicaine un autre livre écrit par un Italien s’appelle Nahui. Je me suis demandé alors quels ponts je pouvais établir entre le Mexique et l’Italie quand on sait que Benito Mussolini tenait son prénom du Mexicain Benito Juarez. J’ai cherché et dans la liste des Mexicains connus d’origine italienne je découvre la présence d’Angeles Mastretta, une romancière que j’admire. Je cherche et sans surprise je découvre qu’elle a commencé comme journaliste et en particulier en écrivant dans une revue féministe FEM. Vais-je trouver un article d’elle dans cette revue ? C’est là que je tombe sur un article concernant Mariategui et le féminisme écrit par Adriana Puiggros, une Argentine. Après quelques efforts, vu son intérêt, je propose une traduction qui vaut ce qu’elle vaut. J’ai fait la copie puis je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de date. J’ai cherché à retrouver l’article puis je suis tombé sur le numéro entier de la revue qui date de 1983 : ICI
Parmi les observations que je retiens :
- Mariategui pense que les luttes féministes peuvent, même dans le capitalisme, obtenir quelques avancées importantes.
- Il pense, fait totalement surprenant, que l’égalité hommes-femmes, qui est l’objectif possible seulement avec le socialisme (référence à Babeuf), permettra aux femmes de vivre enfin leurs différences ! Non seulement il pense au droit à la différence dans l’égalité, mais que ce droit à la différence n’est possible que grâce à l’égalité.
- Il reconnaît qu’en tant qu’admirateur de l’Union soviétique, les acquis sociaux ont bien été à la base de l’émancipation des femmes.
Adriana Puiggros présente donc Mariategui face à ses contradictions. Le philosophe péruvien tente une convergence entre Sorel et Gramsci. Bonne lecture. J-P Damaggio
