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Vie de La Brochure
8 décembre 2018

Montauban, l’affaire des cocktails molotov

Un message de la préfecture de Montauban a fait le tour des médias français : « Découverte d'engins explosifs ce matin sur le rond-point d'Aussonne dans le campement des gilets jaunes : le Préfet et le Procureur de la République condamnent fermement ces agissements. 28 cocktails molotov et 3 bombes artisanales». Puis, peu après, la photo de la prise a complété le communiqué. A la clé, l’arrestation de deux gilets jaunes, arrestation moins médiatisée que la présence de bombes (elle n’est pas inscrite dans le communiqué). Aussitôt des discussions se sont engagées avec cette question classique : violence oui ou non et violence de qui ? Sauf que la violence, le courage, la liberté… ne sont pas des entités en soi.

C’est comme le vent : tous ne sont pas équivalents.

1 ) Il existe la violence du pouvoir mais tous les pouvoirs n’usent pas de la même violence grâce aux droits acquis. Bien sûr, à entrer dans le détail, on se complique la vie. Je sais qu’il est plus rapide de dire que nous vivons dans une dictature sauf que justement la base d’une dictature, c’est de ne pas pouvoir la dénoncer ! Pour faire admettre leur violence, les pouvoirs usent depuis toujours de provocateurs car l’histoire est ainsi faite (et là ça ne change pas) que c’est un moyen pour discréditer les oppositions en en réduisant l’ampleur.

2 ) Il existe la violence du contre-pouvoir mais là aussi tous les contre-pouvoirs n’utilisent pas la même violence. Le proverbe est connu : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Les manifestants tués en France depuis 1968 sont certes trop nombreux mais aussi très peu nombreux.

Avec le facebook du mouvement il a été possible de vérifier que des gilets jaunes jugent que la violence seule permet de gagner. Le gouvernement n’a pas reculé suite aux violences parisiennes mais parce que les dites violences n’ont pas entamé le soutien social aux gilets jaunes.

Ecrire : «Il y a une chose qui est oubliée c'est que beaucoup ont été assez cons pour applaudir les flics à Charlie hebdo.» n’est pas de nature à renforcer le mouvement des gilets jaunes.

En fait, la question cruciale est celle du nombre. L’URSS était une dictature et elle est tombée par le nombre de manifestants après que la Pologne soit tombée, puis la RDA etc.

S’il y a victoire par la violence, alors des généraux accèdent au pouvoir et ce n’est pas la société à laquelle j’aspire (un membre des gilets jaunes libres donne le nom du général de Villiers). La France a obligé l’Algérie à se libérer par une guerre atroce et ce faisant elle a rendu difficile l’accès du pays à une société pacifiée.

3 ) La non-violence n’est pas mieux que la violence car elle aussi, elle n’est pas une entité en soi. Oui, il y a des situations où la non violence peut jouer son rôle mais d’autres où la violence devient inévitable. A chaque moment il appartient à chacun d’analyser sérieusement la situation afin d’opter pour ce qui peut conduire vers plus de démocratie. J-P Damaggio

P.S. J'informe depuis le 9 novembre sur les gilets jaunes aussi je tenais à préciser ce point. Qu'on ne vienne pas demain me dire que, par mon action, j'ai conduit la France dans les bras d'un dictateur. AZu contraire j'oeuvre dans le sens inverse.

 

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