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Vie de La Brochure
11 décembre 2018

Violences, Gilets jaunes, Mexique

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Un expression populaire est connue : la carotte et le bâton mais pour Macron, hier soir, ce fut le bâton et la carotte. Je ne vais rien dire de la carotte aujourd’hui pour me limiter au bâton. Parce que je pense depuis toujours que l’histoire de hommes est l’histoire de la lutte des classes je sais parfaitement que la première violence est celle des pouvoirs  (économiques et politiques et je fais la différence) et qu’en face il existe la violence révolutionnaire (aujourd’hui les gilets jaunes).

Ceci étant, ce schéma ne peut faire oublier qu’il existe entre les deux violences celle des truands. D’où mon invitation du Mexique au cours de ces quelques lignes car les truands y sont devenus «le crime organisé». Pour certains il est au service des pouvoirs (et leur corruption) et pour d’autres il est au service du peuple (voir les  multiples chansons populaires qui l'honore). Parfois des adeptes de l’incohérence n’hésitent pas à dire les deux choses en même temps !

Pour moi les truands sont une forme autonome qui peut servir un camp ou l’autre mais avec en dernière instance ils ont le souci de se servir eux-mêmes ! Parce que le mal est inhérent à l’homme ? Non mais parce que le mal peut engendrer le mal ! Il a sa propre dynamique. Quand un homme viole une femme s’agit-il d’un effet de la lutte des classes ? Certains me répondront qu’en tant qu’effet de la domination masculine, elle-même une des tares des pouvoirs, oui, il faut y voir une trace de la lutte des classes. Une façon d’escamoter la responsabilité individuelle. Bien sûr que les truands sont marqués par les conditions de l’époque dans laquelle ils vivent, mais ils existent de tout temps et pour longtemps. Le reste est pure naïveté.

D’où un des enjeux des batailles autour de l’Etat. Ces truands ne peuvent être mis hors-service (les premières victimes sont toujours le peuple car les pouvoirs peuvent se défendre) que par une force publique de l’Etat, et la lutte des classes se mène aussi au sein de l’Etat. Au Mexique la force publique a été gangrénée par les truands, mais une force politique nouvelle vient de prendre le pouvoir et va tenter de remettre la dite force publique sur le chemin du droit. Rien ne sera parfait mais la bataille peut et doit être menée.

Parmi les contradictions des gilets jaunes, il y a ceux qui désignent les forces de police comme un agent total du système et d’autres (parfois les mêmes) qui crient à l’adresse des CRS : «La police avec nous». Il est arrivé que des soldats désobéissent en 1907 avec un régiment de Montauban qui a levé ses fusils (et que sont-ils devenus ?). Dans tous les cas la question est celle du droit et pour une part, dans la formation des polices en question. Au Mexique la rémunération des policiers vient d'être fortement augmentée pour limiter le nombre de ripoux.

Au Mexique les truands sont le crime organisé, ailleurs il s’agit d’islamistes et ailleurs encore de Mafia. Un Etat sans police c’est le rêve de tous les truands, ce qui ne veut pas dire que la police d’un Etat  est une garantie contre les truands. J-P Damaggio

Sur la photo : saisie de cinquante tonnes d'une drogue de synthèse appelée aussi « crystal meth » (il est question de légfaliser la marijuana...)

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