Troisième coordination auto proclamée des gilets jaunes
Il y a d’abord eue la coordination des fondateurs (pour dire NON), puis celle des gilets jaunes libres (pour négocier) et à présent celle des « politiques ». Nous lisons dans le communiqué repris à la fin de cet article : «Le 20 Décembre, plusieurs figures nationales et locales des Gilets Jaunes ou mouvements déjà structurés tel que les Gilets Jaunes le Mouvement (Ingrid Levavasseur, Jérémy Clément, Côme Dunis, Jean-François Barnaba, Christophe Chalençon, Hayk Shahinyan) et de nombreux soutiens des Gilets Jaunes (personnalités, associations et mouvements citoyens) se sont réunis à Paris pour affirmer leur volonté de travailler ensemble et de jeter les bases d’une structuration démocratique afin de se coordonner, et de construire l’avenir.»
Barnaba et Shahinyan y travaille depuis le début du mois de décembre et à cette fin ont eu droit à des dizaines de plateau télé. Ce dernier vient même d’avoir un temps d’antenne important sur RT France (Russia Today) et les responsables de la chaîne auront pu vérifier par les commentaires le refus de la création d’un parti politique.
Sur la photo qui va avec le communiqué il est facile de vérifier la «géographie» du dit mouvement. Au centre les piliers, Barnaba et Shahinyan et autour des figures fabriquées pour l’essentiel par les médias. Il n’y a pas de femme, Ingrid Levavasseur ayant été ajoutée ensuite. Elle est mise en premier dans la liste peut-être pour masquer l’aspect masculin.
Surprise on y trouve Chalençon qui était aussi dans les Gilets jaunes libres !
Pour Shahinyan un commentaire indique : « Ce mec était chanteur, ensuite socialiste puis républicain à l'époque il n’avait pas encore la nationalité française mais était engagé en politique mais en gros c'est un opportuniste. Vérifiez, vous verrez. »
Quant à Barnaba que se réclame de l’Indre quand il est allé sur les ronds-points il s’est fait huer. Il a tenté de récupérer à son profit la belle lutte pour la défense de la maternité de Le Blanc.
Le problème c’est que ceux qui s’opposent à cette entrée en politique par une liste gilets jaunes ne proposent rien et permettent aux anarchistes divers de faire passer le message : pas de chefs, or localement il est facile de constater… la guerre des chefs ! La démocratie d’une association loi 1901 n’est pas l’élection d’un chef, mais d’un bureau qui peut être divers avec un président amovible à tout instant puisque l’assemblée générale est toujours l’instant de décision. Les gilets jaunes ne peuvent rester les gilets jaunes qu’en se présentant comme un contre-pouvoir capable d’imposer, par le nombre, des mesures favorables au peuple, et de menacer les autorités dans toute leur politique. Donc l’appel c’est à des réunions publiques locales pouvant faire remonter la coordination.
J-P Damaggio
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
NAISSANCE D’UNE COORDINATION NATIONALE DES GILETS JAUNES
Suite à un mois de mobilisation sur l’ensemble du territoire, une mobilisation spontanée sans aucun parti politique, ni syndicat, dans laquelle des centaines de milliers de français sont entrés en lutte pour leurs droits et dans laquelle des millions de Français se sont reconnus, nous avons fait le constat que de nombreuses initiatives surgissent partout dans le pays, menées localement par des femmes et des hommes de convictions engagés dès les premières heures avec un gilet jaune sur les épaules.
L’immense soutien populaire aux Gilets Jaunes crée une obligation d’unité et de coordination dans un esprit serein de confiance.
Nous sommes conscients que des extrêmes tentent de récupérer ceux qui sont engagés sur le terrain. Nous refusons de laisser tous ceux qui se reconnaissent dans notre mobilisation prisonniers entre le choix des extrêmes et la démobilisation. C’est pour cela que les Gilets Jaunes offrent le cadre d’un grand rassemblement citoyen pour construire ensemble l’avenir de notre pays et reprendre en main sa gestion, avec une organisation inclusive, horizontale, et innovante.
Le 20 Décembre, plusieurs figures nationales et locales des Gilets Jaunes ou mouvements déjà structurés tel que les Gilets Jaunes le Mouvement (Ingrid Levavasseur, Jérémy Clément, Côme Dunis, Jean-François Barnaba, Christophe Chalençon, Hayk Shahinyan) et de nombreux soutiens des Gilets Jaunes (personnalités, associations et mouvements citoyens) se sont réunis à Paris pour affirmer leur volonté de travailler ensemble et de jeter les bases d’une structuration démocratique afin de se coordonner, et de construire l’avenir.
En accord sur la nécessité de renforcer la pression exercée sur le pouvoir par des actions déterminées, nous sommes résolus à créer les conditions du rassemblement de l’immense majorité des femmes et hommes de métropole et outre-mer dans une même coordination nationale Gilets Jaunes.
L’objectif est de créer les conditions pour l’émergence des Gilets jaunes dans le cadre institutionnel.
La participation aux échéances électorales est un sujet en débat à travers le pays sans tabous (rémunérations des élus, comptes à rendre aux citoyens, etc. ) car des députés Gilets Jaunes issus des élections européennes ou autres ne sauraient être des députés comme les autres. La coordination des Gilets Jaunes doit étudier les conditions d’une participation à un processus électoral.
Par delà les différences nous affirmons l’absolue nécessité de refonder notre système politique pour que les citoyens - TOUS les oubliés (citoyens inentendus, banlieues inécoutées, ruralité complètement oubliée, élus locaux humiliés, - comptent enfin et que nos territoires deviennent le centre d’une République Française revigorée.
Le président Macron semble avoir oublié que la République dispose d’institutions en déléguant sa « grande consultation » tout en ignorant, sans gêne aucune, le parlement. Ce qui est un comble pour un Président de la République garant des institutions de la France. Républicains, nous entendons faire marcher la République française et rappeler au Président que l’Assemblée Nationale existe. Nous organiserons donc dès début janvier des « ronds-points » autour des députés de toutes tendances afin de leur rappeler de vive voix qu’ils ne représentent pas leurs formations politiques mais bien la nation toute entière. Payés par la nation, ils doivent faire remonter nos revendications : pouvoir d’achat, RIC etc ... En citoyens exigeants, nous les mobiliserons !
L’étendue du soutien populaire confère aux Gilets Jaunes la responsabilité historique de rassembler la France. Dans ce sens, nous appelons toutes les figures locales et nationales du mouvement, tous les citoyens engagés sur le terrain, et toutes celles et tous ceux qui veulent s’inscrire dans ce rassemblement citoyen innovant à nous rejoindre.
Nous poursuivrons nos travaux dans les prochains jours pour la mise en place de notre organisation, et nous nous réunirons à Marseille le 5 Janvier pour un nouveau temps fort de notre mouvement citoyen, dont le détail sera communiqué prochainement.
