Le point sur les gilets jaunes
Des gilets jaunes s’attristent devant la baisse de participation tout en notant que tout de même il reste encore des milliers de manifestants en France. Les absents sont parfois accusés de lâcheté et autres épithètes où celui qui fait la critique se place au centre du monde.
Dans les faits certains gilets jaunes se sont lancés dans la bataille pour en finir avec l’augmentation des taxes sur les carburants. Ce point une fois gagné ils ont rangé le gilet ce qui est cohérent avec leur démarche.
D’autres ont cru qu’ils étaient le déclic pour lancer les camions dans les blocages ce qui rendait la bataille plus facile. Les transporteurs routiers ayant renoncé à rejoindre les gilets jaunes, des gilets jaunes ont renoncé.
D’autres ont pensé de même avec les agriculteurs, les lycéens et étudiants, les habitants des cités ou la grève historique du 5 février.
A mes yeux, depuis le début, les gilets jaunes ne pouvaient compter que sur eux-mêmes et pour ça ils se devaient de s’organiser, non pas de manière pyramidale, mais s’organiser tout de même en inventant une façon de se coordonner sans promouvoir tel ou tel chef.
Pourquoi cette organisation n’a eu lieu que de manière désordonnée, variable, incertaine et fragile ?
Car au sein des gilets jaunes ils étaient nombreux à vouloir contrôler le mouvement pour leur propre chapelle. Sur une ville comme Montauban (mais ailleurs le phénomène fut identique) les amis de Brigitte Barèges ont tout fait pour diriger le mouvement. Je ne dis pas qu’ils y sont parvenus car d’autres forces ont aussi tenté de jouer leur carte. Mais les réseaux politiques ont été en fait plus forts que le peuple révolté ! Ceci étant la récupération est aussi venue des trois figures des gilets jaunes qui à aucun moment n’ont appelé à l’organisation pour mieux garder leur figure de leader ! A présent ils continuent de lancer des appels contradictoires comme des généraux peu soucieux des troupes (le 23 mars toute la France était à Dijon ?). Ceci étant le plus grand manipulateur a été le système médiatique qui a cherché à démontrer dès le départ qu’il n’y avait de mouvement possible que par la manif de Paris et par l’usage de la violence, une façon assurée de marginaliser la force du mouvement qui tenait à son installation dans les milliers de petites villes du pays. Le rêve aujourd’hui c’est un grand réveil à l’écoute des résultats du grand débat mais comme pour la fameuse grève générale j’en doute beaucoup car les déçus ont du mal à reprendre le gilet. La continuation des manifs du samedi n’est pas sans intérêt mais les objectifs d’hier ne peuvent plus être les mêmes. J-P Damaggio

