Les baisses d’impôts ?
Depuis les années 1980 les autorités ne cessent en paroles de baisser des impôts qui n’ont cessé… d’augmenter en fait ! Socle majeur de ce que Vazquez Montalban appelle le double discours, la double idéologie, la double comptabilité.
Une polémique au Conseil départemental nous permet d’apprendre :
« Entre 1985 et 2010, le taux de la taxe foncière a subi une augmentation vertigineuse de 144 %, alors que dans le même temps, dans les autres départements français, en moyenne, l'augmentation n'était que de 59 %. » Une période pendant laquelle le département a été sous la coupe du même féodal : J-M Baylet.
Comment réussir une telle mystification ?
D’un côté, à gauche, il a toujours été admis que l’impôt servant à financer «l’état-providence», il n’a jamais été de bon ton d'en dénoncer les augmentattions, préférant en proposer un meilleur usage.
A droite par contre on a aimé le discours sur les baisses d’impôts que sous la pression, la gauche a repris, mais sans se rendre compte qu’il ne s’agissait que de discours. Parce que dans le même temps les moyens d’informations ont été fortement développés pour… moins informer !
La crise des gilets jaunes a mis un terme, peut-être temporaire, à ce double discours et ce n’est pas le moindre de leurs mérites. D’autant que dans le même temps «l’état providence» est devenu une providence surtout pour les plus riches !
En 1980 le Conseil général du 82, tout comme le Conseil régional Midi-Pyrénées n’avaient que de minables bureaux et depuis, au nom de la décentralisation, ils bénéficient de châteaux. Depuis les années 2010, les communautés de communes ne sont pas en reste (sauf à Montauban mais pas à Valence).
Bref les impôts locaux se sont multipliés au vu du «mille-feuilles» et la TVA a imposé sa loi y compris sur les autres taxes ! La facture d’électricité est éloquente au point où l’augmentation du tarif électrique c’est aussi l’augmentation des taxes vu qu’elles représentent un pourcentage ! Ce que je dis là ce n’est que banalité mais une banalité aux multiples tiroirs, tous plus ou moins recouverts de mensonges sans nom.
Juste avant les gilets jaunes voici le bilan des recettes fiscales présenté à l’Assemblée :
« D'après ce document, publié vendredi par le rapporteur du budget Joël Giraud (LREM) et repéré par le journal Les Echos, l'ensemble des impôts et cotisations recouvrés par les administrations publiques ont atteint cette année-là 1.038 milliards d'euros.
C'est 43,3 milliards de plus que le chiffre atteint en 2016 (994,7 milliards), 59,6 milliards de plus qu'en 2015 (978,4 milliards) et surtout 368,5 milliards de plus qu'en 2002, précise le rapport.
Une '"évolution spontanée" des recettes fiscales
En pourcentage du produit intérieur brut (PIB), le taux de prélèvements obligatoires a atteint cette année-là son "point le plus haut", avec 45,3% du PIB. Les cotisations sociales ont pesé pour 37% des prélèvements obligatoires et les impôts pour 63%.
Ce taux doit retomber à 45% du PIB en 2018 et à 44,2% du PIB en 2019, en raison des baisses d'impôts décidées par le gouvernement (taxe d'habitation, impôt sur le fortune, flat tax). Malgré tout, la quantité d'impôts et cotisations recouvrés par l'État, les collectivités et la sécurité sociale devrait continuer à augmenter, pour atteindre 1.057 milliards d'euros en 2018 et 1.070 milliards en 2019.
Cela s'explique par l'"évolution spontanée" des recettes fiscales, souligne Joël Giraud dans son rapport, destiné à éclairer les parlementaires sur le projet de loi de finances, qui sera débattu à l'Assemblée nationale à partir de lundi.
Les rentrées d'impôts augmentent en effet quand l'activité économique croît, la bonne tenue de l'économie stimulant notamment la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l'impôt sur le revenu, lié au salaire.
Le taux de croissance attendu pour cette année comme pour l'an prochain (1,7% dans les deux cas selon le gouvernement) laisse entrevoir une hausse des recettes fiscales en volume supérieure aux baisses prévues par le gouvernement.
Selon les calculs du rapporteur, l'évolution spontanée des recettes devrait ainsi avoisiner les 29,8 milliards en 2018, tandis que les baisses liées aux réformes fiscales de l'exécutif atteindront 10,4 milliards d'euros. En 2019, ces chiffres seront respectivement de 31,9 milliards et de 19,3 milliards. »
Donc quand le pouvoir dit qu'il donne 10 milliards suite aux révoltes des gilets jaunes c'est seulement 1/3 des recettes nouvelles attendues en 2019 ! Et les 2/3 restant iront où ? J-P Damaggio