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Vie de La Brochure
7 juin 2019

Ile Maurice, la découverte de la mer

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Un ami me communique un article passionnant d’Alexandre Magnan des Cahiers d’Outre-mer d’octobre 2007: Tourisme et réserves d’espaces pour les pratiques locales sur les littoraux de l’île Maurice.

 Dans un premier temps, l’économie de l’île s’est construite contre la mer. Tout a été mis en œuvre pour défricher vu que les autorités fondaient leur fortune sur le sucre. Pour les esclaves, la mer pouvait figurer le désir d’évasion, et pour les propriétaires il fallait combattre ce désir. Voilà pourquoi à l’abolition de l’esclavage, beaucoup des libérés sont allés sur la côte pour fuir le lieu de leurs souffrances. Avec la pêche et quelques cultures ils pouvaient survivre.

Sans développer ce point, venons-en à l’essentiel de mon propos : le tourisme. En déplaçant l’activité vers la mer, il a changé le rapport à l’espace. Pendant notre séjour nous avons habité dans quatre lieux différents, tous très proches de la mer ! Et nous avons négligé l’intérieur de l’île que nous avons seulement traversé par diverses routes.

 Nous avons connu ce phénomène touristique en France. Des zones, au bord de la Méditerranée qui étaient sans valeur sont devenues le lieu des plus fortes spéculations immobilières ! Dans ce cas le tourisme est facteur de développement (pour les riches) puisqu’il fait d’un rien, une ville ! Le phénomène s’est ensuite produit en Espagne et, par le tourisme, le pays a été bouleversé. En ce moment, le phénomène se développe à Cuba. A chaque fois ceux qui sont du côté du tourisme gagne mieux leur vie que les autres ce qui tend à discréditer les autres actions économiques.

Est-ce que les populations qui refusent le développement du tourisme vont à contre-sens ? Comme elles allèrent à contre-sens pendant les années 60 en France et en Espagne ?

 Le tourisme repose sur le développement de la société des loisirs qui n’est possible… qu’à partir d’un seuil de développement. Pour l’île Maurice il a modifié, pour le peuple, le rapport aux loisirs en question. C’est ainsi que l’étude mentionnée confronte le loisir de ceux qui restent à l’ombre sous les filaos, et ceux qui bronzent au soleil allongés sur le sable. Car en effet à l’île Maurice il y a les deux possibilités : l’étroite bande de sable est accompagnée d’une large bande d’arbres à l’ombre si agréable. Qui choisit le bronzage et qui choisit l’ombre ? Vous le devinez.

Le tourisme impliquant des aménagements, les plages publiques en ont bénéficié et les habitants ont fini par prendre l’habitude d’aller en famille passer un week-end sur la plage.  De là, l’étude inévitable du rapport entre plages privées et plages publiques.

Voci le contexte juridique réglementant la mise en valeur des rivages : en 1895 est voté le Pas Géométriques Act, qui officialisa ce qu’avait institué l’administration française en 1807. Les « Pas Géométriques » couvrent une bande littorale large de 81,2 m à partir du niveau de marée le plus haut, définissant alors un espace censé être « inaliénable et imprescriptible ».

Depuis cette loi a été contournée. Il est des plages privées mais personne ne peut interdire d’y passer, à condition de ne pas s’y arrêter ! Parfois le passage est rendu difficile et des gardiens surveillent.

Depuis 2007 je serais curieux de savoir où nous en sommes. En 1999 il y avait 86 pages publiques qui représentaient 3 km2.

La conclusion de l’étude montre qu’en fait la question fondamentale n’est pas la superficie en soi des plages publiques mais le rapport entre cette superficie et le fait que les habitants développent de plus en plus une envie de pique-nique à la plage, ce qui alors pose le problème de la superficie. Nous étions en vacances hors saison et la superficie était suffisante mais nous ne savons pas si en pleine saison, pour les habitants, la pratique du loisir est aussi important. JP Damaggio

Ci-dessous la plage version populaire (Blue Bay)

Maurice la plage

e. Si oui alors les luttes pour la défense des plages publiques devient un enjeu social. J-P Damaggio

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