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Vie de La Brochure
12 juin 2019

Clémentine Autain confirme sa stratégie d’union de la gauche

Clémentine Autain  explique dans son média préféré Regards :

« Mélenchon avait réussi en 2017 à remplir le terme de gauche dans un discours de haut vol qui portait la colère mais qui portait aussi une forme d’espérance dans une transformation sociale et écologiste. Ce profil-là s’est progressivement estompé, amoindri, au profit d’un air du clash permanent. »

 En refusant de se prononcer pour le second tour, Mélenchon à la présidentielle a affiché sa rupture avec le cœur de la gauche : voter pour le moins pire au second tour. Il a porté des valeurs de gauche mais n’a pas rempli « le terme de gauche ». De plus elle met toujours en avant le score de la présidentielle sans rien dire du score des législatives où elle a participé. En Seine- St Denis, au premier tour avec 37% elle a fait mieux que Marie-George Buffet (32%). Mais tout comme Clémentine Autain n’avait pas de candidat PCF face à elle, Marie-George Buffet n’avait pas de candidat LFI face à elle. Les quatre élus LFI avaient 19% au premier tour, Bastien Lachaud les ayant eu face à Patrick Le Hyaric (8,7%).

 Partout les législatives confirment que LFI obtient de bons résultats dans les circonscriptions de gauche donc LFI est bien situé à gauche pour une part de l'électorat, mais dans ce cas le résultat est moindre qu’à la présidentielle où la perception de JLM a été plus large. En 2019 on a eu la confirmation que les abstentionnistes des législatives de 2017 le restaient.

 Donc toute la difficulté de LFI était dès le départ d’organiser une entente entre les trois tendances plutôt que de vouloir présenter à tout prix une face monolithique. Donc cette fois je suis d’accord avec Clémentine Autain : « Tous les désaccords ne sont pas tous surmontables – et il va falloir vivre avec des désaccords. »

 Pour ce faire il ne faut pas user de faux arguments comme celui-ci : « Ça m’agace d’autant plus que ceux qui m’accusent de ça [c’est-à-dire de vouloir refaire l’union de la gauche] ont, pour certains, été au Parti socialiste ou participé à des majorités gouvernementales quand moi j’étais bien campée dans la gauche radicale. »

Comme si Clémentine Autain avait oublié qu’elle a débuté en tant qu’adjointe de Bertrand Delanoé avant de rejoindre la Seine St Denis dans l’ombre du PCF qui n’a jamais été à ma connaissance au cœur de la gauche radicale. Mais peut-être pointe-t-elle ainsi un comportement habituel : on rejette parfois avec plus de vigueur ce qu’on a tant aimé.

A moins que Mélenchon et Autain soit d’accord sur un point : la critique du PS se réduisant à la critique d’Hollande et Hollande une fois parti, tout recommence comme avant. D’où la convergence sur « fédérer le peuple » : «Quand nous disons qu’il faut fédérer, c’est tout ce monde-là : des syndicalistes, des militants d’ATTAC, des jeunes que j’ai rencontrés dans la manif pour le climat ou des intellectuels critiques. »

Mais non c’est là fédérer la gauche ! L’échec d’ATTAC n’a jamais été analysé (ou réduit à des querelles internes) or cet enthousiasme de départ s’est lui aussi effondré, en signe avant coureur de l’échec de la gauche. Qu’on se comprenne bien : je suis d’accord pour rassembler y compris ceux qui rêvent sans le dire ou en le disant de stratégie d'union de la gauche mais cette stratégie ne peut plus être le moteur capable de porter le mouvement à hauteur de 25% et sans cet objectif, LFI redevient un supplétif du PS.

A nouveau je suis d’accord avec Clémentine Autain : « Je ne crois pas que ça soit les députés qui puissent diriger le mouvement politique de la France insoumise donc je pose la question : où est ce cadre [démocratique] ? » Sauf que je ne l’ai jamais entendu faire des propositions concrètes sur ce cadre démocratique, à l’inverse de Charlotte Girard. Souvent le propos de la députée est vague et creux.

Et pour conclure une bonne question : « Beaucoup de gens continuent de se référer au clivage droite/gauche. Si on retire ce clivage, je veux savoir avec quoi on rompt. Et c’est là où la question devient compliquée.»

On rompt avec « le désistement républicain » tout comme le FN a rompu avec le désistement pour la droite (sauf exception) ! Si le FN avait par exemple appelé à voter Sarkozy en 2007 ou en 2012 il perdait la moitié de son électorat ! Ce qui ne veut pas dire que droite et gauche sont renvoyés dos à dos mais qu’il appartient aux électeurs de prendre la responsabilité de leur propre choix. Ce qui ne signifie pas que dans des municipales ou régionales (puisqu’il y a là élections avec listes qui peuvent au second tour respecter les nuances du premier) il ne puisse pas y avoir au second tour des fusions de listes.

Pour beaucoup le clivage droite/gauche a fait que dès le premier tour le PCF a longtemps été présent avec le PS se mettant ainsi d’office dans l’ombre de ce parti.

Et encore et toujours le FN en néofachos : « La colère est là : il y a bien des gens qui ne veulent ni des néolibéraux ni des néofachos mais, pour l’instant, ils sont à distance de la politique institutionnelle. C’est ce fossé-là qu’il faut combler. »

Bon, l’insoumission va encore ramer longtemps. JPD

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