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Vie de La Brochure
13 juin 2019

L’échec de LFI : l’histoire se répète

Le 27 novembre 2017 en conclusion d’un article sur l’échec du Front de Gauche j’écrivais : « L’analyse de cette histoire qui est ici sommaire ne vise pas à ressasser le passé mais bien à mesurer comment les échecs d’hier peuvent également annoncer de possibles échecs pour EM comme pour FI. Le constat est vieux comme la politique : sans tirer les leçons d’une expérience on est conduit à la répéter sauf qu’on me dit que FI n’est pas un cartel, que FI n’est pas ankylosé, que FI ceci ou cela mais FI ne tombe pas du ciel et fait partie intégrante de l’histoire politique, sociale et culturelle de la France. »

 L’équipe à l’origine de LFI n’a même pas tiré les leçons de l’échec du Parti de Gauche et d’ailleurs on va me répondre : mais quel échec ? Le Parti de Gauche continue sa vie normale puisque si France insoumise ne peut pas être un parti, France insoumise s’appuie sur des partis comme le PG qui financièrement à prêté au départ 350 000 euros à France insoumise. En donnant ses comptes à la commission nationale de contrôle, LFI n’avait pas indiqué le nom du parti qui avait apporté 350 000 euros et il a fallu le préciser.

Mais je dis échec du Parti de Gauche car entre sa situation de départ et sa situation aujourd’hui l’élan d’hier n’existe plus. On va me répondre mais le succès du PG c’est justement LFI. Mais pourquoi le PG ne pouvait pas déclencher le succès sans créer LFI ? Car la mode n’est plus à la création de partis mais à la création de mouvements ? Un vieux jeu sur les mots que j’ai connu dès les années 1990 dans la mouvance rouge et verte jusqu’à cette proposition de «parti-mouvement».

 Comme je l’ai écrit voici presque deux ans, toute nouveauté s’inscrit dans une histoire profonde et la nouveauté prendra mieux racine si elle admet que le passé pèse plus que la nouveauté ! Bref, si la modestie est au rendez-vous !

Comment croire qu’on peut éliminer les histoires de tendances quand la gauche n’a connu que ça ?

Comment croire qu’on peut créer un mouvement rouge et vert quand l’écologie politique, malgré sa guerre des tendances, impose sa limite ?

Et surtout : comment croire qu’on peut jouer les premiers rôles sans des ripostes d’enfer des forces dominantes ? Pour résister à l’adversaire, il faut savoir anticiper son action.

Le hasard a voulu qu’au départ du PG, Alexis Corbières soit invité à Toulouse pour parler du cas chilien où l’union de la gauche allait permettre à Mme Bachelet son accès au pouvoir (il était alors très union de la gauche alors qu'au Chili un autre courant de gauche était né contre cette union). Par la suite j’ai correspondu deux fois avec lui par internet et j’ai découvert chez lui ce principe : « Il faut faire bloc ». Faire bloc derrière le Chili, derrière Mélenchon etc. comme autrefois le PCF disait à ses militants : « Tout n’est pas rose en URSS mais il faut faire bloc, et laisser à l’adversaire qui s’en charge, les critiques ». Puis le PCF a osé quelques critiques vite oubliées pour rentrer dans le rang. Je le regrette mais si l’adversaire réussit à gagner c’est qu’il sait avoir raison sur des détails qu’il monte en épingle. Il faut lui en donner acte quand il a raison, car les citoyens ne sont pas idiots, et lui donner acte n’est pas signe de faiblesse mais signe de force.

Quand Mélenchon vient de répéter à l’Assemblée que Macron a perdu puisqu’il a seulement 20% pour lui et 80% contre lui, il répète une erreur cent fois entendu ! (et les médias se font un plaisir de la reprendre !). Si Macron a perdu alors LFI s’est écroulé… et le FN a gagné. Toutes les oppositions ne s’ajoutent pas et son 80% est abstrait et non pas réel ! Tout le monde le sait depuis toujours : Marchais faisait de même. Combien de voix Mitterrand a eu au premier tour de 1981 ? Il n’était pas légitime avec 25% ? Tandis qu’Hollande l’était beaucoup plus en 2012 ?

Après les présidentielles-législatives de 2017 LFI a surestimé sa force et oublié d’analyser l’histoire sur le long terme. Oui, nous entrons dans une phase totalement nouvelle mais aucune nouveauté n’a jamais effacé le passé, même la révolution russe de 1917. J-P Damaggio

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