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Vie de La Brochure
17 décembre 2019

Noël Arnaud Asger Jorn

JORN-Asger

J’ai évoqué dans mon livre «Noël Arnaud par ses complices» la liaison entre les deux hommes à partir d’une présentation de leur livre La Langue verte et la cuite.

A Penne le responsable de la librairie champavert avait porté comme un catalogue au sujet de ce livre et il me disait que le lien entre les deux hommes a été très fort.

Asger Jorn avait seulement cinq ans de plus que Noël Arnaud et je me demande ce qui pouvait tellement les unir jusqu’à la production de ce livre monument sur La Langue verte et la cuite.

Sans doute une même vision politique proche du communisme mais indépendante du stalinisme. L’amitié Arnaud-Jorn date de l’époque du surréalisme révolutionnaire à savoir l’année cruciale de 1948.

Sans doute une même vision artistique mêlant dada et le surréalisme.

Je me souviens parfaitement au cours de ma première visite chez Noël, en descendant dans les salles de peinture, les surprenants tableaux qu’il avait d’Asger Jorn à cause de leur couleur exprimant une joie magnifique.

Asger Jorn je l’ai fortement croisé dans le livre sur Dotremont l’inventeur de Cobra. Dotremont aida beaucoup Jorn quand il arriva en Belgique en 1947 puis ils se séparèrent.

En attendant de développer quelques notes de biographie sur Asger Jorn :

Asger Oluf Jorgensen, Jorn, est né en 1914 à Vejrum (Danemark). De 1936 à 1939, il travaille dans l’Académie Contemporaine de Fernand Léger, puis assiste Le Corbusier dans la décoration du pavillon des Temps Nouveaux de l’Exposition Universelle. La première exposition personnelle d’Asger Jorn est organisée à Copenhague (Danemark, 1938).

Pendant la guerre, Jorn vit au Danemark ; il peint à cette période des toiles qui sont influencées par Ensor, Kandinsky, Klee ou Miro. Il collabore à la revue « Helhesten ». Dans l’immédiat après-guerre, sous le nom d’Asger Jorn, il participe à tous les mouvements d’avant-garde. Il rejoint les surréalistes révolutionnaires en 1945.

En 1948, il sera membre fondateur du mouvement Cobra (Appel, Constant, Corneille, Dotremont, etc.), dont il sera le théoricien. Sa première exposition personnelle parisienne se tiendra Galerie Breteau en 1948. Il peint alors des toiles très colorées où il reconstruit « le monde animal et végétal du symbolisme ». Asger Jorn écrit de la poésie et des essais sur l’art (« Théorie organique de l’art », etc.).

Pauvre et malade, il retourne vivre au Danemark en 1951 ; il commence un travail intensif sur la céramique en 1953. Jorn s’installe à Albisola (Italie) en 1954. Fin 1953, il crée le mouvement international pour un Bauhaus imaginiste, une sorte de prolongement du mouvement Cobra, puis participe en 1957 à l’International situationniste. A la toute fin des années 50, Jorn entreprend de repeindre des tableaux de peintres pompiers trouvés aux Puces de Paris ; ce seront les séries « Modifications » et « Défigurations ». Il réalisera par la suite un ensemble de « drippings », puis, à partir de 1964, une série de « Décollages » dans lesquels apparaissent des personnages aux formes simplifiées.

Homme engagé, Jorn se battra toute sa vie pour une liberté totale de l’art. Il réalisera une œuvre multiple, peinture, écriture, collage, tapisserie, sculpture dans les dernières années de sa vie, céramique, produisant une oeuvre sur papier qui compte (gravures, lithographies, illustrations d’ouvrages, dessins). Jorn mettra aussi son art au service de sa rébellion contre le sacré. Il publie « La langue verte et la cuite » en 1968, un pamphlet contre le structuralisme.

Asger Jorn est mort en 1973 à Aarhus (Danemark).

La_langue_verte_et_la_cuite

 

 

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