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Vie de La Brochure
20 mars 2020

Le Congrès de Tours, le 82 et Jean Bruhat

congrès de Tours

J'ai toujours apprécié Jean Bruhat et je reprends ici sa présentation du livre sur le Congrès de Tours avec les éléments concernant le TetG qu'on y trouve. JPD

 L’Humanité 19 février 1981

Des historiens face au Congrès de Tours

Le soixantième anniversaire du Congrès de Tours qui vit en décembre 1920 naître le Parti communiste français a provoqué de nombreux débats dans la presse comme à la télévision. Mais il appartenait à des historiens de préciser, documents en main, ce que fut réellement le Congrès de Tours. C'est à ce travail que se sont consacrés des historiens spécialistes du mouvement ouvrier contemporain : Jacques Girault, Jean-Louis Robert, Danielle Tartakowski, et Claude Willard (1). Les matériaux jusqu'alors dispersés et souvent introuvables sont enfin rassemblés.

 Le contexte

Une introduction particulièrement substantielle rappelle le contexte historique sans lequel l'événement est incompréhensible.

Du fait de la crise ouverte par la guerre et la révolution russe, on assiste à l'effondrement de vieux empires européens et à l'essor des mouvements anti-impérialistes dans les pays colonisés ou demi-colonisés. On observe de puissants soubresauts sociaux d'une importance inégale selon les pays. Le mouvement ouvrier, en particulier, connaît un essor à la fois quantitatif et qualitatif. Mais dans son sein apparaissent et se développent deux lignes de fractures qui, d'ailleurs, ne se confondent pas complètement. La première, plus ancienne, oppose les tenants et les adversaires de l'Union Sacrée. La seconde met aux prises ceux qui saluent avec enthousiasme la Révolution soviétique (cette «terre promise» de la Révolution qu'on évoquait rituellement à la fin des discours d'avant 1914 devenait-elle une réalité ?) et ceux qui mettent en cause le caractère socialiste de l'événement.

L'Internationale communiste est fondée à Moscou en mars 1919. Sa création précipite la naissance des partis communistes. L'intérêt des auteurs se porte plus particulièrement sur les conséquences de la guerre sur la société française et les mutations du mouvement syndical et socialiste.

 Des causes internes principalement

Au terme de longues et passionnantes discussions à l'intérieur des sections du Parti socialiste, les délégués réunis à Tours décident à la majorité l'adhésion à la IIIe Internationale.

Tous les textes sont ainsi réunis : documents préparatoires au Congrès, les 21 conditions d'adhésion à la nouvelle Internationale, les diverses motions et enfin le compte rendu sténographique intégral du Congrès (avec en bas de page des notes explicatives).

 Plus que l'intégrale

Ce n'est point tout. Des fiches établies département par département, nous brossent le tableau de la France socialiste et communiste de 1920, ouvrant la voie à des recherches ultérieures. Elles seront facilitées d'ailleurs par près de soixante pages de notices biographiques. En bref, un travail rigoureusement scientifique qui permet enfin non seulement de comprendre le Congrès de Tours, mais d'en apprécier les conséquences pour le devenir du mouvement ouvrier français.

Certes, un travail d'érudition (pas d'histoire sans érudition) mais une érudition au service du mouvement socialiste et communiste. Félicitations aux auteurs et aussi aux Editions Sociales qui ont eu le grand mérite de s'engager dans ce type de publication, austère (et encore !) mais en tout cas fondamentale.

         JEAN BRUHAT

Le Congrès de Tours, un fort volume de près de 1.000 pages aux Editions Sociales. Il comporte une cinquantaine d'illustrations. En 1964, Annie Kriegel dans la collection «Archives» (Nathan) n'avait du Congrès de Tours publié que quelques textes choisis, souvent subjectivement (Exemple : le discours de Vaillant-Couturier est escamoté).

 

Situation du socialisme en 1920 dans le TetG sur le livre Le Congrès de Tours

 

Effectifs —

1913

1918

1919

1920

Cartes

135

150

300

325

Rang

73e

54'

75e

85e

 

Résultats électoraux —

Législatives : inscrits :58 131 — exprimés :40 093.

« Liste socialiste » : Hebrard, 3 259; Deprince, 3 296; Gros, 3 269.

Moyenne : 3 274 — 8,2 % des exprimés (74e rang) — 5,6 % des inscrits.

Pas d'élu.

Conseillers généraux (0).

Conseillers d'arrondissement (1) : Chaloupy (proche ?, Valence-d'Agen )

Mairies (2): Laguépie, Verfeil.

Dirigeants

Secrétaire fédéral : avant Tours, Monsarrat (a remplacé en mai 1920 Malrieu);

S.F.I.C. (début 1921), Monsarrat;

S.F .I .0. (octobre 1921), Deilles.

Délégué au Congrès de Tours : Tesseyre.

 

Mandats pour les Congrès de Strasbourg et de Tours

 

Orientation —

Strasbourg

Tours

Adhésion III Internationale

10 -76,9%

8 -61,5%

 

  • Reconstruction/Ille avec réserve :

3 -23,1

5-38,5%

 

Presse

Le Travailleur du Tarn-et-Garonne, organe des ouvriers et des paysans paraissant le samedi, direction : la Fédération socialiste S.F.I.O., 1ère  année, n° 1, le 26 octobre 1919, dernier numéro, le 30 septembre 1920.

  • Voir aussi Le Midi, quotidien socialiste régional.
  • L 'Ordre nouveau, organe interfédéral S.F.I. C., Haute-Garonne, Ariège, Hautes-Pyrénées, Tarn-et-Garonne, qui paraît en avril 1921 et devient en août 1921 l'Ordre communiste.
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