Municipales retour sur le cas de Montpellier
Le dernier livre de Dominique Porté concerne le cas de Montpellier qu’en Toulousain qu’il est, il peut observer à distance et aussi à distance de Paris puisque Montpellier se distingue par une rupture assez générale entre les dirigeants nationaux et les dirigeants locaux.
Après l’ère Frêche, les résultats municipaux de 2014 suscitent la surprise qui annonce d’une certaine façon le succès de Macron. Au bout de six ans que devient la victoire fragile de Philippe Saurel en 2014. Dans la bataille embrouillée les résultats de 2020 annoncent son échec pour peut-être la victoire d’une autre étoile filante.
Sur ce blog j’ai d’abord évoqué le cas de LFI contre LFI.
Puis j’ai donné les résultats.
Seules trois listes sont qualifiées pour le second tour : Philippe Saurel, Michaël Delafosse pour un retour de la gauche classique, et Mohed Altrad (la surprise).
Voilà une commune où le RN et LR sont exclus du Conseil municipal !
L’abstention a été évidemment très élevée en raison du contexte sanitaire. Comment analyser un résultat qui n’a que peu de sens ? Un observateur dira : « C’est presque un score de régime censitaire !»
A Montpellier plus qu’ailleurs le maintien de l’élection pose problème mais tout le monde a compris que quand Gérard Larcher a grimpé en dernier les escaliers de l’Elysée il obtiendrait le maintien. Gérard Larcher sait que les municipales vont décider des sénatoriales de septembre, et il tient à son poste, qu’il pensait ainsi sauver.
Mais revenons à Montpellier. Si j’avais évoqué la division au sein de LFI j’aurais dû aussi évoquer celle au sein du RN puisqu’au vu des sondages, la tête de liste RN a proposé une fusion avec LR ce qui a aussitôt entraîné son exclusion du RN ! Quand on y ajoute le mélodrame vert qui fait passer ce parti d’une possible victoire à un échec total, c’est fou !
D'où ce détour vers Mohe Altrad et Carole Delga.
« Au sujet du chômage et de l’économie dans sa région, Carole Delga s’est prononcée au côté de Mohed Altrad, Président de l’Agence France Entrepreneur et dirigeant d’Altrad, dans son combat en faveur de l’entreprenariat. Ce dernier n’a alors pas manqué de rappeler son engagement envers la relance économique de la France. « Je suis prêt à prendre ma carte dans tous les partis politiques, y compris le Front national, pour aider le pays », a même insisté Mohed Altrad sacré entrepreneur Mondial en 2015. L’homme d’affaires, né dans une tribu nomade syrienne et arrivé à Montpellier à l’âge de 17 ans, a alors interpellé Carole Delga sur un «paradoxe» français : «On constate aujourd’hui que c’est un pays d’une année à l’autre, qui a un déficit budgétaire, qui a plus de chômage. Mais dans le même temps, et c’est paradoxal, c’est un pays de plus en plus riche parce que l’on produit plus de richesse ». Une interpellation à laquelle la ministre répond par sa méthode phare : fédérer et travailler avec les collectivités locales, l’Etat, et les chambres de commerces afin de relancer l’économie. «Je pense que le 21ème siècle, c’est la République du territoire c'est-à-dire que la France une et indivisible ne sera forte que si elle sait reconnaître ses régions, ses territoires», estime Carole Delga.»
Après le mot espace, c'est le territoire qui a pris la vedette...
Pour suivre la question il faudrait pouvoir suivre les liens entre Catherine Labrousse, son mari Laurent Blondieu et l’agence Wonderful. Catherine Labrousse est l’ex-assitante parlementaire de Christian Assaf président du groupe PS à la Région. Laurent Blondieu est le directeur de cabinet de Carole Delga (ancien directeur de la communication de Georges Frèche). Il aime cette réplique de Clémenceau à un préfet qui lui demande : "Que me reprochez-vous ? D’être une fripouille ou un imbécile?" et Clémenceau aurait répondu : «Je vous reproche de cumuler».
Dès l’arrivée au pouvoir Carole Delga nomme Laurent Blondieu et La Dépêche le présente ainsi :
« La nouvelle présidente de la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon a officialisé, ce matin, la composition de son cabinet. Laurent Blondiau, 48 ans, est nommé directeur de cabinet. Né à Lille, il a fait ses études universitaires à Toulouse. De 1988 à 1992, Il a étudié l'histoire à l'université de Toulouse le Mirail, alors présidée par M. Mailhos, le père de l'actuel préfet de la nouvelle région. M. Blondiau a également présidé l'AGET-Unef de 89 à 91. Il a débuté sa carrière de journaliste comme correspondant de l'Humanité à Toulouse, avant d'intégrer le siège à Paris de 1993 à 2004. Il a ensuite été nommé directeur de la communication de Georges Frèche à l'agglomération de Montpellier et à la région Languedoc-Roussillon, puis a conseillé José Bové lors des Européennes de 2014. M. Blondiau revendique un engagement à gauche sans être encarté. Il a conseillé Mme Delga pendant la campagne pour les régionales. »
Laurent Blondiau, directeur associé au sein de l'agence de communication Wonderful, située à Monpellier.
Laurent Blondieu pour établir le lien indispensable entre Montpellier, Toulouse, les agences de communication, les gens proches de LREM, du PS... et de Mohe Altrad. A suivre avec Dominique Porté.
J-P Damaggio

