1er mai 1909 à Carmaux
Ils étaient trois mille dans la salle du syndicat des mineurs. Dans cette ville de 10 000 habitants. Pour une réunion publique et contradictoire. Et tout le monde attendait Jaurès. Comme le veut la coutume, toute réunion est présidée par un bureau désigné par les organisateurs en l’occurrence Louis Rieu. Un conseiller général pour présider, Soulié avec des assesseurs et un secrétaire.
Jaurès ouvre la séance. « Désolé de n’avoir pu être la ce matin pour présider le déjeuner fraternel. Heureusement que vous n’êtes pas de ceux qui ne peuvent dire la messe sans curés ! »
Il rappelle le sens du 1er mai :
« Il faut que les deux grandes forces [le syndicat et le parti] conservent leur autonomie propre poursuivant par des moyens différents le but commun. »
Il continuera de dire l’essentiel :
« Le Parti socialiste n’est pas une église mais une fois qu’on a bien discuté et controversé tous ses membres de l’aile droite à l’aile gauche se retrouvent unis contre le capitalisme. »
Et pour ceux qui n’auraient pas compris hier ou aujourd’hui :
« Le parlementarisme ne suffira pas seul à transformer la société et il aurait beau y avoir une majorité de députés socialistes, s’il n’y avait dans le pays une classe ouvrière éduquée, organisée, capable de les soutenir et de les contrôler, l’œuvre ne serait pas durable. »
Puis-je insister sur la portée de chacun des mots d’hier et valables aujourd’hui ?
Il y aura ensuite un débat, un repas et un bal.
