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Vie de La Brochure
27 juin 2020

Et la lutte armée ?

Dès 1940 Charles Tillon fut un promoteur de la lutte armée contre le nazisme d’où son rôle comme créateur des F.T.P. Pour de Gaulle l’armée était une question trop sérieuse pour la laisser entre des mains inexpertes. 

La lutte armée comme facteur d’émancipation a produit un débat fréquent. Il y a eu le cas de l’Amérique latine après la victoire de Castro et qui donnera ensuite la victoire des Sandinistes au Nicaragua. Les autres guérillas ont toutes échouées. Il y a eu l’exemple du Vietnam puis de l’Algérie, des luttes armées imposées en fait par le colonisateur. Il y a eu des exemples plus récents des Brigades rouges à la Bande à Baader. Quand la lutte armée n’échoue pas, elle amène au pouvoir des militaires qui portent de moins en moins l’émancipation.

Les luttes pacifiques ont-elles été plus fructueuses ? Oui, quand par des stratégies sociaux-démocrates (surtout avec l’aide directe ou indirecte des communistes) elles ont apporté des améliorations, des acquis sociaux sans changer le système mais qui ont tout de même fait avancer des droits.

La stratégie communiste ayant échoué et entraîné avec elle la stratégie social-démocrate que reste-t-il ? Repenser le rassemblement populaire en oubliant la classe ouvrière comme classe révolutionnaire pour «fédérer» plus largement ?

La stratégie communiste constituait un tout politique cohérent puisque fondée sur une analyse de la société, sur la détermination de la classe révolutionnaire au cœur de cette société, sur la forme politique à mettre en œuvre (propriété collective des moyens de production) et sur l’avenir, la société sans classes.

Je me souviens d’Anicet Le Pors faisant le bilan que je viens de faire, et en déduisant qu’il fallait prendre ce qu’il y avait de meilleur dans les deux stratégies pour en construire une autre. Il y travailla un temps avec J-P Chevènement mais là aussi sans succès.

Nous sommes pris par l’urgence qui ne nous laisse pas le temps de réfléchir. Chaque matin il faut boucher le trou surgit dans la nuit pour éviter que le bateau coule, la dite urgence devenant même la raison de l’action qui se débarrasse alors de toute réflexion ! Les forces démocratiques creusent méthodiquement la tombe où elles se précipitent, se donnant ainsi l’impression de faire quelque chose.

Ils sont des dizaines à tirer la sonnette d’alarme depuis des décennies mais les forces dominantes ne leur laissent pas la possibilité d’émerger car elles savent qui est l’opposition qui les conforte, et celle qui les emporte, si elles se structurent. Il existe des poussées de fièvre mais sans lendemain… pour le moment.

J-P Damaggio

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