Extrême droite, l’union des droites à l’œuvre ?
L’Humanité vient de pointer l’union des droites, version RN. Le site Moissac au cœur a repris l’article (voir ci-dessous) et je souhaite faire quelques commentaires dans le cadre indispensable du débat démocratique sur le sujet.
Commençons par le cas Louis Aliot : (l'union des droites) «C’est en revanche exactement ce qu’a tenté Louis Aliot pour s’emparer de l’agglomération de Perpignan.» Comment oublier que Louis Aliot a été élu maire CONTRE la droite soutenue par un front républicain ? Qu’ensuite pour l’intercommunalité il cherche des appuis ailleurs c’est dans la nature de cette institution ! A Montauban Brigitte Barèges dirige la mairie contre la gauche mais à la communauté d’agglomération elle dirige avec plusieurs maires de gauche ! L’intercommunalité est une fabrique de consensus et à ce titre tue le politique. Et pour finir sur Louis Aliot, s’il n’a pas été élu président, il a été élu vice-président (ce qui est souvent masqué). Bref, il n’a pas pratiqué l’union des droites pour le cas où cette stratégie aurait une réalité.
L’exemple donné avec joie par les membres du RN est celui du Grand Avignon. Motif classique de cette union : « On ne construit pas une communauté en excluant certains de ses membres ». Sauf qu’Avignon est exclu ? Dans tous les cas l’alliance tient à l’institution et non à une stratégie globale ! Or depuis trente ans on ne cesse de répéter à partir d’exemples marginaux que la droite et le FN sont prêts à s’unir. Une façon de redonner du punch à la gauche ?
Fondamentalement le FN-RN se maintient au second tour, que ça risque de faire gagner la gauche ou la droite. Telle est son identité : il est seul contre tous et il le restera. Il y aurait opposition entre Marine et Marion ? Mais n’est-ce pas Marine qui à la présidentielle, pour la première fois de l’histoire du FN, a fait l’union au second tour avec Dupont-Aignan ?
Le cas de Moissac
Pour l’intercommunalité comme pour le reste Romain Lopez a le verbe haut et le profil bas ! Pas question d’avoir un président proche du maire de Castelsarrasin a-t-il dit, et en fait il a accepté, et s’est inscrit dans le schéma classique en devenant le troisième vice-président. Grâce au vote d’élus de droite ? Ou plutôt d’élus ayant accepté le partage des rôles vu que parmi les vice-présidents il y a toutes les opinions. Prenons le nouveau maire de Saint-Nicolas classé socialiste : il n’a peut-être pas voté Lopez mais il s’est inscrit dans le montage réalisé… pour n’exclure personne.
Dans son propos toujours contradictoire Romain Lopez n’a cessé de dire que sur sa liste il y avait des gens de gauche et en même temps qu’il prônait l‘union des droites. En fait son art se résume en un mot : l’opportunisme, qui en politique est l’art le mieux partagé. Le tout reste à savoir au bénéfice de qui ? J-P Damaggio
Article de l’Humanité
Des ententes entre droite et RN se sont nouées lors de l’élection des présidents d’intercommunalité.
Un seul tour aura suffi pour faire du maire de Vedène, Joël Guin, le nouveau président du Grand Avignon. Et pour cause, la droite n’a pas hésité à s’entendre avec le Rassemblement national. L’édile a ainsi obtenu 39 voix lors de la séance d’installation du conseil communautaire, contre 29 à la maire socialiste d’Avignon, Cécile Helle, et trois à l’écologiste Jean-Pierre Cervantes.
Le parti d’extrême droite n’a pas présenté de candidat pour soutenir celui de la droite. « On ne construit pas une communauté en excluant certains de ses membres », a justifié le nouveau président du Grand Avignon. Joël Guin ne s’est d’ailleurs pas contenté d’accueillir les voix RN, il a également accordé à Joris Hébrard, l’édile nationaliste du Pontet, la deuxième vice-présidence de la communauté d’agglomération.
En amont du scrutin, Jean-Claude Maublanc, le directeur de cabinet de Cécile Helle sur le départ, avait déjà dénoncé, dans le Dauphiné, ces tractations qui auraient donné lieu à au moins trois rencontres en vue de « contrer le maire de la ville centre qui représente la moitié des habitants de la communauté d’agglomération ».
Une banalisation de l’extrême droite en cours également du côté de communauté d’agglomération Var Estérel Méditerranée. Son nouveau président, le maire de droite de Saint-Raphaël, a déjà annoncé son intention d’œuvrer « main dans la main » avec les édiles des autres communes, dont celui de Fréjus, le RN David Rachline, qui hérite de quatre vice-présidences. « En dehors des étiquettes et des divergences politiques que l’on peut avoir entre nous, nous sommes bien décidés à travailler ensemble dans l’unique intérêt de notre territoire. Et cela, sans aucune interprétation politique de part et d’autre », a-t-il expliqué à Var Matin.
Côté RN, cette stratégie d’« union des droites » n’est pas totalement raccord avec celle défendue nationalement par Marine Le Pen, qui espère toujours semer la confusion quant à ses véritables orientations. Son entourage, selon des propos rapportés par France Inter, fait ainsi savoir qu’à son sens, ce n’est pas « LA solution ».
C’est en revanche exactement ce qu’a tenté Louis Aliot pour s’emparer de l’agglomération de Perpignan. « Nous essayons aussi de nouer cette alliance avec les élus divers droite et sans étiquette de l’agglomération », a déclaré l’élu avant le vote. Sans succès, puisque, malgré ces tentatives, c’est le maire LR de Saint-Estève, Robert Vila, qui a remporté la présidence de Perpignan Méditerranée Métropole, avec 49 voix (contre 33 à Louis Aliot), au deuxième tour du scrutin. J.H.