Henry Ramey Claire Valière (2)
Après un premier article sur le sujet M et Mme Beaudufe me font observer qu’un lien peut s’établir entre les deux artistes à partir du Salon des Echanges souvent présent sur Mobilier et décoration, un journal où on retrouve les deux artistes. Claire Valière y est présente au moins en 1935. Voici par un autre article de journal ce qu’était ce Salon des Echanges inventé par Henry Ramey pour faire face à la crise économique. J-P Damaggio
Paris-Midi 21 décembre 1933
Dès cet après-midi s'ouvre le Salon où l'on troque l'Art contre la nourriture. C'est la troisième fois qu'a lieu cette manifestation aussi utile que pittoresque. Aujourd'hui le Salon des Echanges, qui durera un mois ouvre ses portes pour la troisième fois, livrant le passage à un ministre.
— Oui, oui, nous dit Henry Ramey, secrétaire général des Echanges, un ministre! M. de Monzie viendra lui-même en personne à trois heures, accompagné de M. Bollaert, directeur général des Beaux-Arts, et de M. Darras. directeur des Beaux-Arts de la ville de Paris.
— En somme, l'Etat, sa capitale...
— Et je ne vous parle que des officiels, ajoute modestement Ramey. Prenez le catalogue. Jetez-y un coup d'œil. Mieux encore : faites le tour du Salon.
— En somme c'est un succès qui s'annonce, succès sans précédent.
Nous avons en effet sous les yeux copie d'une lettre signée du ministre de l'Education Nationale, adressée au président du Syndicat de l'Alimentation française. Mention y est faite de l'ouverture, pour cette après-midi, du Salon des Echanges à la Porte de Versailles et M. de Monzie ajoute :
« Il s’agit d'une entreprise montée par un peintre de qualité, M. Ramey, avec le concours de ses camarades en peine. Il s'agit d'une combinaison destinée à faciliter le troc de l'art et de la nourriture. La crise, économique, vous le savez, atteint les artistes plus qu'aucune catégorie de producteurs. Considérés comme des citoyens de luxe, ils se trouvent privés bien souvent du strict nécessaire. Ils proposent donc leurs œuvres au choix des commerçants qui souhaitent inscrire la joie d'un tableau dans la médiocrité des jours sans profits... » .
— Mais c'est le patronage officiel du gouvernement !...
— Lisez... lisez la suite...
« ...L'expérience a démontré que l'idée était bienfaisante et réalisable. Un volume d'échange, déjà important s'est traité au cours des précédentes expositions. On a le droit d'espérer que ce volume se pourra accroître, si, vous voulez bien recommander le Salon des Echanges à l'attention de vos adhérents; C'est précisément cette recommandation que je vous serais obligé de bien vouloir adresser aux membres de votre puissante organisation... » .
Voilà un appui qui compte.
Autour d'Henry Ramey passent quelques membres du comité d'organisation du Salon : Mme Vera Rockline, Cavaillès, Touchagues, Mme Zina Gauthier, Antoine Villard... Nous trouverons tout à l'heure leurs œuvres dans les salles, à côté de celles de Camoin, André Lhote, Malençon Dethoow, Loti, Ron Launois, Chapelain-Midy, Hélène Marre, Ebert, Sabbagh, Souvayre, Zingg, Ladureau. Limousse. Antral, Corbellini, Darel, Huggler, Androusov, Carlos Reymond, Sigrist, Osterlind, Jean et Joë Martel...
— Mais c’est le gratin, Henry Ramey !
— C'est le gratin ! Croyez bien qu'un ministre de la qualité de celui de notre Education nationale sait ce qu'il recommande... La République ouvre ses bras au Salon des Echanges. -- G.-J. Gros.
