Henry Ramey et la défense des artistes
Henry Ramey se révèle un défenseur constant des artistes dont beaucoup de pouvoirs avaient oublié qu'ils ont souffert énormément de la grande crise (un peu comme aujourd'hui). M et Mme Beaudufe ont trouvé cet article qui témoigne de la générosité de ce peintre que nous avons déjà plusieurs fois croisé. J-P Damaggio
P.S. Le dessin illustre l'article en question
Paris-midi 23 juin 1932
Peintres et sculpteurs vont travailler en commun à la restauration des monuments publics
On se souvient du Salon des Echanges. Il rendit service à un certain nombre d'artistes qui purent troquer leurs œuvres contre des marchandises.
Henry Ramey, qui fut l'un des animateurs de ce Salon, a pensé qu'il pouvait y avoir un remède à la crise toujours persistante pour les peintres et pour les sculpteurs : celui de grouper ses camarades en syndicat, afin de leur permettre d'obtenir une part des 40 millions votés par le Parlement et le Conseil municipal pour venir en aide aux artistes touchés par le chômage. Car, en dépit des efforts de la Confédération des travailleurs intellectuels, si on reconnaissait aux artistes le droit, aux heures difficiles, de revendiquer le secours de l'Etat, on n'envisagerait nullement leur participation aux allocations réservées au seul artisanat.
Il était-évident que le soin de décorer, de restaurer les monuments publics ainsi qu'il est prévu au plan de l'outillage national, ne pouvait faire l'objet de commandes individuelles. Et pouvait-on traiter, d'autre part, uniquement avec des entrepreneurs et des industriels ?
Aujourd'hui, il existe un « groupement syndical des artisans d'art, artistes, peintres, sculpteurs, graveurs, décorateurs », dont le siège social est 6, rue Desaix.
— Enfin, nous existons ! nous dit Henry Ramey. Pourquoi les artistes auraient-ils méconnu les avantages de l'organisation syndicale. Maintenant, nous faisons partie de la C. T. I. et nous faisons appel à tous les artistes professionnels, acceptant de travailler en commun à la décoration, à l'aménagement, à la restauration des monuments publics et des habitations privées. Nous traitons aussi bien avec l'administration qu'avec les particuliers. Notre président est M. Jean Crouzillard, maire adjoint du IXe arrondissement, dont le dévouement aux artistes est bien connu.
Et déjà le nouveau groupement syndical de se rassembler en réunion de propagande sous la présidence de M. de Monzie, ministre de l'Education nationale.
On entendit M, Edouard Soulier, député de Parte, M. Georges Prade, conseiller municipal, M. J.-J. Guillemot, qui parlèrent sur la détresse présente des artistes et sur la nécessité qu'il y avait pour eux de se grouper sous une forme syndicale pour la défense de leurs intérêts matériels et professionnels sans aucune distinction de tendances ou d'écoles.
Enfin, les artistes « s'organisent ».
Si c'est un signe des temps modernes, reconnaissons qu’il est heureux !
G.-J. G.
