André Gros et le poing levé
Alain Raynal a réalisé pour le Maitron une bio d’André Gros où on voit une photo du personnage que le petit-fils, Hervé Delpech, a pu lui communiquer. Il a eu l’amabilité de m’envoyer cette photo où ils sont en fait trois communistes de Montauban avec le poing levé.
Il donne parmi les sources un article que j’avais écrit en 1981 sur André Gros mais que j’avais oublié, et que j'ai retrouvé dans les archives Maurières où il pointe une erreur commise en faisant d’André un ancien séminariste. D’où est venue cette erreur ? J’avais rencontré un des fils d’André, Marcel mais qui avait peu de souvenirs. M’avait-il confirmé sans bien comprendre ma question le séminariste ?
Ceci étant la question aujourd’hui est celle du poing levé.
Un article utile se penche sur le symbole de ce poing levé et aide à comprendre la photo. Ce poing levé s’est un peu perdu ces dernières années. Je me souviens d’une tribune à une fête du PCF des années 1970 où la moitié levait le poing pendant que l’autre moitié s’en dispensait. Moi-même je n’ai jamais levé le poing, pas plus que je n’ai porté de drapeaux.
Le poing levé fut une réponse des communistes allemands au salut nazi. Ces derniers en venant se réfugier en France vont le populariser et à partir de la lutte antifasciste il va se développer.
André Gros ne lève pas complètement le bras et j’ai pensé au départ que ça tenait à son infirmité (il lui manque une jambe). Mais ses deux amis, tout en le levant un peu plus, gardent le bras replié.
En fait j’ai appris que pour éviter toute confusion avec le salut fasciste, il fut au départ bras replié. Le bras tendu viendra plus tard quand il ne sera plus en concurrence avec le bras levé des nazis.
Il était difficile de dater la photo mais avec ce détail on peut en déduire qu’elle date sans doute de 1933 un peu comme si les militants s’initiaient à ce nouveau geste.
J’ai bien sûr noté que par sa naissance André Gros me ramène à Bruniquel.
Voici comment sur L’Indépendant (27-04-1940) le radical Irénée Bonnafous évoque la mort d’André Gros :
« Cette semaine a succombé à l’hôpital mixte de Montauban, un modeste ouvrier montalbanais, chef d’une nombreuse famille qui fut tout sa vie un militant d’extrême gauche. André Gros cordonnier combattit tour à tour dans le parti radical, socialiste, puis communiste. Dans plusieurs élections municipales, cantonales et législatives, il fut candidat sans espoir de succès. Depuis plusieurs années, pour des raisons de santé, André Gros avait renoncé à son activité politique. Les obsèques civiles ont eu lieu mercredi. I. B."'
J-P Damaggio
