Le temps des fourgonnettes
En nous promenant hier le long du canal j’ai revu une vieille 4L fourgonnette. Comme celle de la photo. Et une fois encore j’ai pensé à la face rurale de la France et à cette idée mal placée faisant des paysans des accapareurs de terre.
Et je me suis dit que la fourgonnette prouve le contraire !
Oui quelques paysans furent des accapareurs de terre mais l’immense majorité n’aspirait qu’à une chose n'avoir à commander personne et n’être commandés par personne. Quel rapport avec la fourgonnette ?
Elle était à la dimension de son travail tout comme les quelques hectares possédées était à la dimension du travail du couple de paysans.
S’il avait voulu accaparer il aurait eu besoin d’un véhicule plus grand qui n'existait pas sauf à passe au camion hors de sa portée financière.
Les accapareurs furent la noblesse rurale et une part de la bourgeoisie qui lui a succédée, c’est-à-dire des personnes possédant des centaines d’hectares (des milliers en Amérique) qu’ils faisaient cultiver par d’autres ! Mais pourquoi ce point est important ? Et quel rapport avec la fourgonnette ?
Notons que celle mise au moins par Peugeot avec la 404 a fait le bonheur des paysans d’Afrique du Nord. Un véhicule qui n’a rien à voir avec le pick-up des USA si ce n’est une lointaine parenté. Véhicule de travail au départ, le pick up est devenu un véhicule de loisir.
Mes parents avaient l’aronde fourgonnette pour aller au marché. Ils ne pouvaient pas produire plus que ce que le véhicule pouvait contenir. Ensuite mon père est passé à l’Estafette un véhicule inventé par Renault (Citroën avait l’équivalent) qui servait aussi à la gendarmerie.
La Simca était décapotable comme souvent la Peugeot (pour la 4L je ne vois pas). Et je trouvais cet aspect amusant. Il faudrait d'ailleurs chercher les occurences de l'usage des mots camionnette et fourgonnette. L'un faisait-il plus riche que l'autre ?
Avec l'Estafette mes parents avaient pu ainsi augmenter leurs productions et donc les revenus vu qu’ils ne vivaient qu’avec les ventes sur le marché avant qu’on invente les circuits courts.
Il ne s’agit pas d’une question morale ou sentimentale : le paysan ne pouvait pas être un accapareur de par les conditions économiques de son type de production. A savoir : un couple maître sur sa propriété. Une si petite entité économique imposait la solidarité avec les voisins pour les grands travaux comme les vendanges.
Bien sûr le métayer travaillant cent hectares de terre du riche de la ville était dans une condition économique autre : il avait besoin de beaucoup d’enfants pour lui apporter des bras, il avait besoin de journaliers etc. Généralement les transports se faisaient par des intermédiaires venant en camion chercher les moutons ou apporter les engrais. Oui, j’ai vécu le temps des fourgonnettes ! JPD


