La candidature Mélenchon (suite)
Il a eu droit à trois critiques infondées à mon avis :
1 ) Candidature de division ? Cette candidature était inévitable (sauf si au sein des députés LFI un autre nom avait était retenu). La gauche ne peut avoir comme Mitterrand en 1965 et 1974 un seul candidat. Pour gagner il en faut plusieurs au premier tour et Mélenchon était donc légitime.
2 ) La date est mal choisie. Pourquoi, laquelle fallait-il retenir ? Elle était bien choisie et a permis de disqualifier un appel inutile lancé par Clémentine Autain et ses amis pour une candidature d’union de la gauche. Les actualités de son blog s'arrêtent au 17 octobre et à 23 000 signataires. Qu'en pense les signataires en question ? D'ailleurs plus personne ne peut signer !
3 ) Le compteur était mauvais. Je confirme mais le compteur n’était là que pour la forme, pour reconstituer un groupe de soutien capable de remplacer le groupe LFI. Mélenchon aurait pu par exemple lancer un tel appel aux seules personnes inscrites sur le site LFI (ça été fait mais sans le résultat) mais il a préféré s’adresser à tous les citoyens. Comme si Fabien Roussel s’adressait à toute la population (plutôt qu’aux membres du PCF) pour savoir s’il doit être candidat. J'aimerais savoir combien de membres de la liste LFI se retrouvent sur la liste Nous sommes Pour. Une donnée facile à fournir car les membres de la liste LFI pourvaient signer le nouvel appel directement.
Ces trois reproches me confirment que ceux qui s’opposent à lui pataugent dans les questions de forme et loin des questions de fond.
Pour ma part, à présent, je critique non pas la candidature mais le projet de Mélenchon qui n’a rien à voir avec le programme de 2017 alors qu’en même temps il invite à lire le projet de 2017 «actualisé».
1 ) Où en est le plan B sur l'Europe ? Mort.
2 ) Où en est le projet laïque ? Dévoyé.
3 ) Où en est le projet démocratique ? Au vu du fonctionnement de LFI il est devenu comique.
Pour comprendre je renvoie finalement à des questions de forme : l’appel LFI en 2016 invitait les signataires à s’organiser (les noms étaient affichés), là ils sont invités à donner de l’argent, à acheter des bricoles et quelques autres balivernes (voir la rubrique agir !). J’observe d’ailleurs que si 150 000 signatures ont été vite atteintes, le compteur bloque beaucoup à 180 000 ce qui est deux fois moins que pour LFI en 2016.
Il y aura forcément un candidat souverainiste et laïque à gauche qui n’aura pas la couverture médiatique de Mélenchon mais qui aura toute sa raison d’être. J-P Damaggio