Les Communistes en Tarn-et-Garonne (1920-1944)
S’appuyant sur un livre paru en 1985 sous la direction de Marcel Maurières, le PCF dans la Résistance en Tarn-et-Garonne, la Fédération du PCF 82 a décidé de le compléter pour aboutir à un livre important de 400 pages (20 euros).
Je ne vais ici retenir qu’un aspect novateur et en effet très important : la place des femmes dans cette histoire et tout particulièrement dans la Résistance, donnant lieu ensuite à la création de l’Union de Femmes Françaises (UFF).
J’imagine sans mal le travail courageux accompli par Marie-Claude Manéra et Marie-Jo Veyres, pour retrouver des noms, des photos, des histoires. Pour ma part j’y croise avec plaisir, des noms présents sur ce blog (vérifier avec le lien) Malou Rauzet, sa fille Mimi (je ne trouve pas le lien à un texte d'elle en occitan), Yvonne Couchet, Marguerite Dreuilhe mais surtout de nombreux autres noms et je vais m’attarder sur l’un d’eux.
Voilà une famille Vendramme que j'ai bien connu. Comme son nom ne l’indique peut-être pas, il s’agit d’une famille d’Italiens (on devine avec les prénoms) arrivés en 1924 en apportant leur terre à la semelle de leurs souliers. Comme en Italie ils chantaient dans les champs en travaillant, ils continuèrent en France, mais ils comprirent très vite que la coutume s’était perdue suite à la guerre 14-18.
Entre 1977 et 1984 j’ai, chez eux, animé bien des réunions de cellule et je m’arrête sur ce cas à cause d’une anecdote. Autour de la table, sauf exception, il n’y avait que des hommes et ce jour-là Madame Vendramme qui pendant que les hommes parlaient, préparait le café, vaquait à diverses occupations ménagères de rangement ou autre, se décida à interrompre le discours de son mari. Elle fit alors observer que les discours sur l’égalité c’est bien beau mais qu’il faudrait commencer par passer aux actes en famille. Puis la réunion a continué comme si de rien n’était. Une intervention qui posait indirectement cette question : après les actions dans la Résistance n'a-t-on pas assisté à un retour aux pratiques machistes pendant les années 50 et 60 ?
Je ne sous-estime pas les combats courageux de l’UFF puisqu’avec ma mère je suis bien placé pour en connaître quelques aspects (j’ai dans mes archives une collection de la revue Heures claires) mais l’histoire montre que l’accès au droit de vote et au droit d’être candidate n’a pas changé grand-chose.
J’ai sous les yeux les candidats aux élections municipales à Montauban.
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1959 |
1953 |
1947 |
1945 |
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T |
F |
T |
F |
T |
F |
T |
F |
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PCF |
31 |
5 |
31 |
3 |
31 |
2 |
27 |
5 |
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PS |
31 |
2 |
31 |
4 |
31 |
2 |
27 |
4 |
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Radicaux |
31 |
0 |
31 |
0 |
31 |
0 |
27 |
3 |
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Droite |
31 |
3 |
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? |
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1 |
27 |
4 |
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Poujade |
31 |
0 |
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Gauche autre |
31 |
5 |
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Le T c'est le nombre total d'élus et le F le nombre de femmes sur les listes.
En 1945 pour le PCF c’est une liste d’union (mais pas avec la gauche). On constate que cette année là l’élan de la Résistance est réel partout même si la part de femmes reste maigre. Même les Radicaux ont des candidatures féminines mais très vite tout rentre dans l’ordre. Pour la droite il y avait Marie-Rose Gineste qui servait de référence.
Pour le PCF il y aura un bon départ mais sans avancée ensuite.
Bref, la place des femmes en politique sera le combat des années 80 et jusqu’à aujourd’hui. Le refus des Radicaux de laisser une place aux femmes se vérifiera en TetG jusqu’en 2015 quand le Conseil départemental n’avait qu’une seule élue, situation changée par le nouveau mode de scrutin !
Je salue d’autant plus les militantes évoquées dans le livre. J-P Damaggio

