Le noël 1861 de Léon Cladel
Je découvre par hasard ce premier article qui célèbre Léon Cladel. Il en fut sans dout très heureux même si plus tard il ne cacha pas le mal qu'il pensait de ce livre, tout en célébrant toujours et toujours Baudelaire. Le même journal ne reparlera de Cladel que quinze après pour un printemps qui fut bien malheureux pour l'écrivain puisqu'il était en prison pour cause de célébration de la Commune. J-P damaggio
Le Charivari 24 décembre 1861
BIBLIOGRAPHIE. Les Martyrs ridicules, par M. Léon Cladel
. — Voulez-vous lire un livre étrange, saisissant? me dit l’autre jour Théodore Barrière, un gourmet littéraire. Et il me remit les Martyrs ridicules, un volume de M. Léon Cladel, que l’éditeur Poulet-Malassis vient de publier. J’ai lu le livre et je suis d’autant plus libre d’en dire beaucoup de bien, que je n’ai pas l’honneur de connaître l’auteur. M. Léon Cladel n’est pas l’inventé de la camaraderie littéraire. Un éditeur intelligent l’a accueilli et a remis le manuscrit à un écrivain de la maison, M. Charles Baudelaire, qui déclare dans la remarquable préface n’avoir accepté cette mission qu’avec une certaine répugnance. Mais il a été vaincu par ces pages brillantes et saisissantes, et après avoir terminé la lecture du manuscrit, M. Baudelaire y a ajouté une préface qui n’est pas le chapitre le moins intéressant de cette œuvre. Voilà donc un jeune romancier arrivé au jour par la seule force de son talent et sans le concours de la réclame et de la grosse caisse qui créent de loin en loin un grand homme éphémère qui se fait connaître par un premier volume agréable. Le second ne vaut pas le premier, et à la troisième œuvre ce grand inventé de la camaraderie retombe à douze degrés au dessous de la nullité et flotte entre plusieurs éditeurs comme le cadavre flotte entre deux eaux. Souhaitons la bienvenue au talent de M. Cladel, c’est tout ce que l’exigüité de notre format me permet de faire pour lui, et je le regrette sincèrement, car j’aurais certainement éprouvé beaucoup de plaisir à consacrer tout un article aux Martyrs ridicules. Albert Wolff
La seconde mention de Cladel sur ce journal sera d’une autre nature. Le 17 juin 1876 il rend compte d’une réalisation originale :
PARIS A L'EAU-FORTE, Ce journal étranger aux actualités banales, mais qui tient ses lecteurs au courant des secrets les plus intéressants de la vie artistique, publie cette semaine une livraison exceptionnelle, adressée au populaire auteur des Va-nu-Pieds. Léon Cladel, détenu à Sainte-Pélagie. La rédaction de cette feuille audacieuse a eu l’idée bizarre d’écrire un numéro entièrement en vers, sous prétexte d’égayer le prisonnier. Cela produit un effet de mirliton fort agréable. Des Eaux-fortes de Henri Somm et d’Alfred le Petit donnent à cette livraison une valeur très-sérieuse- — On l’envoi franco, contre 1 franc, timbres- poste avec le catalogue de la Librairie de l’Eau forte, qui publie en ce moment les plus curieuses nouveautés. — Bureaux : rue Lafayette 64, à Paris.