Danièle Obono et LFI
Sur la revue Contretemps Danièle Obono et ses amis ont colonnes ouvertes. Voici sa réponse à une question qui me passionne :
Et dans LFI, quelles sont les discussions ?
« Il y a des débats, il y en a toujours eu. Certain·es sont parfois un peu surpris·es ou en désaccord avec telle ou telle autre position. Ce qui est tout à fait normal et légitime. Le débat permet aussi d’apprendre, de se former. Je trouve que, globalement, malgré des moments pas toujours simples à gérer, on a plutôt positivement avancé sur ces questions. Certes, quelquefois cela s’est fait un peu à notre corps défendant, comme lorsqu’on a été confronté l’an dernier aux propos d’Henri Peña Ruiz sur le « droit à être islamophobe ». C’est un moment qu’on a réussi à traverser, en discutant, parfois âprement, mais toujours avec un profond respect mutuel. Et en gardant en tête l’importance de ce que, tous et toutes, avec nos différentes approches, histoires et sensibilités (et pas malgré elles), nous construisons ensemble, un mouvement de La France insoumise au service des luttes et de l’alternative, qu’il fallait préserver et faire grandir.
Parce que c’est aussi et surtout, pour moi, une question stratégique. Ce qui est en jeu, c’est de fédérer le peuple, de fédérer TOUT le peuple, dans toute sa diversité, en reconnaissant toutes ses conditions, en combattant toutes les formes d’exploitation et d’oppression qui le divisent. Il faut se former à ces questions, débattre, mais surtout agir, se tourner vers l’extérieur, se mobiliser pour nos valeurs. C’est dans l’action, aux côtés de celles et ceux qui luttent pour leur vie et leur dignité, que se testent la validité et la solidité de nos idées et principes. Et c’est ce qu’on a fait : le 11 novembre, le 2 juin, et qu’on fera le 18 juillet comme chaque année. Combien, parmi celles et ceux qui nous flétrissent dans ces «gauches» réactionnaires, en ont fait autant ? De quels côtés du drapeau et de la barricade se trouvaient-elles et ils ? Qui ont-elles et ils choisi de défendre ou de vilipender ? Je suis fière de pouvoir dire que nous avons toujours été, depuis 3 ans, dans la rue comme à l’Assemblée nationale, du « bon » côté, celui du peuple des gens qui luttent pour un monde meilleur. On se trompe parfois, on fait des erreurs, mais on essaie, on avance. »
Il y a donc des débats au sein de LFI ? Dans les couloirs de l’Assemblée sans doute, entre députés, car je ne connais aucun lieu public ou interne, où de tels débats ont lieu. Sauf à une Université d’été de LFI quand subitement Henri Peña Ruiz se fait couvrir d’injures ? Puisque c’est pour fédérer le peuple tout va bien… J-P Damaggio