Léon Cladel et la Commune
Après la lecture du roman de Jean Cassou il est impératif que je me replonge dans un autre roman, sur la Commune, I.N.R.I. de Léon Cladel. Ce roman, sorti de la poussière seulement en 1931 grâce à Judith Cladel (et encore dans une version partielle) a comme héros un soldat au drôle de nom : Râtâs ! Pourquoi autant d’accent circonflexes ? Pour rappeler ses origines occitanes. Et le prénom de son amour est Urbaine !
Comme avec Cassou il s’agit en fait d’une histoire d’amour avec encore cette question : mais qui était Louis Rossel ?
J’ai appris la Commune, je veux dire la chair de la Commune, aux côtés de L’Insurgé de Vallès et aux côtés de Cladel. J’ai longtemps été abonné aux Cahiers Jules Vallès en espérant qu’un jour un article confronterait les deux positions, mais sans succès.
Jules Vallès fut un acteur de la Commune qui put échapper aux foudres des Versaillais en se réfugiant à Londres. Léon Cladel était de tout cœur avec la Commune mais en simple citoyen ce qui lui permit de rester à Paris. Les deux ne traversèrent pas les 72 jours de la révolte aux mêmes postes.
Pour aujourd’hui je donne l’avant-propos du roman écrit par Lucien Descaves et le compte-rendu de la deuxième édition.
Je ne sais pas qui était en 1931, la Librairie Valois située 7 place du Panthéon. Les deux livres précédents de son catalogue furent ceux d’Upton Sinclair et Joseph Voisin.
Quant à Lucien Descaves il se trouve que le 18 mars 1871 il avait juste dix ans. Né et mort à Paris il fut un écrivain libertaire. Journaliste, romancier et auteur dramatique français, il a fait partie des premiers membres de l'Académie Goncourt et en fut le président. En 1889, il est l’auteur de Sous-offs, ouvrage antimilitariste qui lui vaut des poursuites judiciaires. Sur un autre plan, le 2 mai 1918, aux côtés de Pablo Picasso, il est témoin de mariage du poète Guillaume Apollinaire avec l'artiste peintre Jacqueline Kolb. Son avant-propos insiste trop sur la question militaire que le compte-rendu du livre en 1998 néglige totalement.
Le rêve permanent de Cladel est connu : unir Paris et la Province. Et la Commune fut le moment de cette grande fraternité quand comme Marx on fait la différence entre le mot «ruraux» et le mot «paysan». Les ruraux sont en effet du côté de Versailles mais il s’agit des propriétaires ruraux et leurs valets tandis que les paysans peuvent être du côté d’une révolution qui veut faire payer… les ruraux. Nous y reviendrons.
J-P Damaggio
