Régionales Ile de France : Clémentine Autain obtient le soutien du PCF
Une fois de plus je suis sidéré du peu de débat politique public sur la question des prochaines élections. De ce fait, une fois de plus encore, l’Ile de France fait figure d’enjeu majeur. Pour LFI, comment choisir la tête de liste entre Raquel Garrido et Clémentine Autain ? C’est Clémentine Autain qui a été choisie. Comment ? Mystère ! Etape suivante : que va faire le PCF ? Une conférence a eu lieu : 69 voix pour accepter Clémentine, 9 pour un soutien à la liste menée par Audrey Pulvar, soutenue par le Parti socialiste, 8 pour une stratégie autonome. Il n’y a là rien de surprenant. Mais le débat n’est pas clos. Il m’est arrivé de rappeler l’histoire de Clémentine Autain qui, après son poste de conseillère municipale de Paris, est allé en Seine St-Denis comme suppléant de François Assensi. Aujourd’hui je découvre ce texte de François Assensi qui a lui-même quitté le PCF en 2010 rejoignant le parti Ensemble avec Clémentine Autain et qui aujourd’hui n’est pas tendre pour celle qu’il a soutenu ! A chacun de juger. J-P Damaggio
PARLONS CLAIR CLEMENTINE AUTAIN
Chère Clémentine,
Nous avons appris par la presse que la France Insoumise t’a désignée pour conduire sa liste en Ile-de-France lors des prochaines élections régionales.
Pour les signataires de ce texte, la clarté et la franchise sont des notions essentielles dans la vie publique. Nous serons donc sans détour, clairs et francs. C’est notre devoir politique et une exigence éthique.
Nous pensons qu’il aurait été respectueux des militantes et militants qui ont permis ton élection comme députée du territoire populaire Sevran/Tremblay/Villepinte, que tu t’adresses à eux pour leur faire part de ton intention de briguer un autre mandat : celui de présidente de la région Ile-de-France.
Un tel dialogue eût été la démonstration de ta volonté de renouveler la politique, de ton attachement aux villes et quartiers dont tu es l’élue.
Mais au lieu de cela, tu acceptes la désignation par un appareil, qui n’est qu’un segment de la gauche, auquel les autres formations de la gauche n’ont qu’à se rallier.
Cette démarche illustre bien le piège de la Ve République qui personnalise tout et dépossède les citoyens.
En outre, nous observons avec inquiétude les signes de désengagement et de distance que tu prends avec le territoire dont tu es élue. Ce fut notamment le cas de ton refus de participer à la liste de large union à gauche lors des dernières élections municipales à Sevran.
Pourtant le fait de prendre le temps du dialogue et de la construction avec les citoyens est une force en politique.
Une méthode respectueuse de la démocratie aurait consisté à présenter ton projet de candidature aux citoyens et aux militants de ta circonscription, en leur expliquant le sens que tu lui donnais, et en leur donnant la possibilité de s’exprimer.
C’est cette méthode qui a permis lors des dernières élections législatives, l’investissement plein et entier de centaines d’habitants de nos trois villes, ta victoire étant le résultat de cette démarche et le fruit de leur investissement.
C’est cette manière, citoyenne, d’être en politique que réclament les gens. Tu affirmes vouloir porter les voix des villes et des quartiers populaires contre le « Versailles/Neuilly/Passy » de Valérie Pécresse, mais tu as ignoré celle des militants et des habitants de ta circonscription.
Comment imaginer un seul instant que cette pratique redonne du sens au politique et permette de lutter contre l’abstention massive dans nos villes et singulièrement leurs quartiers populaires ? Il y a vrai risque ici : c’est qu’en agissant de la sorte, tu donnes du grain à moudre à ceux qui t’ont régulièrement accusée de n’utiliser la circonscription que comme un tremplin pour d’autres objectifs de carrière.
Bien sûr, ce sont tes choix, et nous en prenons acte.
Mais tu comprendras que nous ne pouvons accepter d’être réduits à un simple club de supporters.
Face à l’urgence sociale, écologique et démocratique, il y a besoin d’un fort renouvellement des pratiques, de prendre appui sur les villes et les quartiers populaires, d’agir avec les femmes et les hommes qui ont fait et font au quotidien cette histoire. Mais aussi avec les maires et les élus, avec les militants inlassables de l’émancipation humaine, au premier rang desquels les communistes.
Nous avons une conviction, issue de notre parcours militant : pour que la politique ne déçoive plus, il faut porter la révolution dans nos propres rangs, pour que les citoyens soient acteurs de leur propre émancipation. Il faut que chacune et chacun soient une partie de la solution, s’enrichir des idées et expériences si riches de nos quartiers, la partager et agir collectivement, sans volonté hégémonique.
L’espoir est de ce côté, c’est à notre avis le seul chemin possible pour permettre demain des victoires du peuple et remettre notre pays sur la voie de la justice et de la transformation sociale et écologique.
Des militants du Front de Gauche et Citoyens de Sevran, Tremblay et Villepinte :
ARDJOUNE Madani, ASENSI François, Maire de Tremblay, Député honoraire, BASTARAUD Sébastien, BLANCHET Stéphane, Maire de Sevran, BRUSCOLINI Philippe, CARPENTIER Laurent, GUILLAUME Patrice, GUYON Olivier, KERAUDREN Arnaud, KOUASSI Gérard, LAKEHAL Abderrahim, PINEAU Aline, PRIN Michel, TURBIAN Julien, VAHE Raphaël