Rugby au coeur Serge Collinet
Aujourd'hui je reste rugby avec le dos de couverture de ce livre. JPD
« On est un groupe, mais si on veut devenir une équipe il faut qu’on partage les mêmes valeurs. »
Simon, le coach, et Jérôme, le capitaine, nous content la construction d’une équipe de rugby, de la cour du collège Georges Braque dans le 13ème arrondissement de Paris aux pelouses du Championnat de France scolaire.
Paul, Jimmy, Gilibert, Willy, Kosta, Samuel, Jojo, Mousse, Jérôme, Tristan, Max, Léo, Taka, Wesley, Quentin, Michel, Jules, Stephen, Jacquot, Tim, une bande de gamins – des voyous pensent certains – d’un établissement réputé difficile du sud de la capitale, apprend à se connaître et à se dépasser, individuellement et collectivement, en pressant un ballon ovale contre leur cœur.
Récit initiatique, plongée dans le quotidien d’un collège parisien, hymne au rugby, manuel d’entraînement, ce livre est avant tout un magnifique guide pour la vie, dans lequel l’émotion et la passion transpirent à chaque page.
Sur ce blog André Buonomo présente le livre :
"Je viens de me laisser transporter par la créativité de l’adolescence, véritable madeleine de Proust rugbystique, qui dégage les odeurs enivrantes de la jeunesse dans sa translation de collégiens parisiens devenant une vraie équipe de rugby. Ce groupe hétéroclite est blindé d’une couche de vernis de protection style garçon pas facile mais il dégage ce parfum de l’extrême sensibilité de l’être face à un rugby sans ride et sans concession, confronté à la double mission de faire sa place dans l’établissement et faire bonne figure dans le championnat. Ces nouveaux joueurs exhalent la fraîcheur innocente de leurs premiers amours pour la découverte de ce jeu complexe. Ils râlent pour des passes maladroites, des plaquages manqués, des règles non maîtrisées, une violence pénalisante ou pour respecter le respect. Mais, la moindre réussite dégage l’odeur du bonheur. Les dialogues retranscrits sont parfois dignes d’un Michel Audiard revisité façon langage ado des quartiers. C’est un mix de vibrations, de bouderies, de doutes, mais aussi d’humour, de chansons, de sourires, de rayons. On peut lire : « Certains partent de loin » pour être digne de porter la devise « Esprit d’équipe », mais le coach Simon, notre enseignant, aidé par Léo, capitaine de jeu, et Jérôme, capitaine de vie, les font grandir dans « l’humilité, la discipline et l’ambition ». Voici une vraie leçon de vie, de pédagogie et de management par le loisir. Si l’effort est partout, le plaisir du vivre ensemble anesthésie la douleur de ces efforts, car les virgules expriment ces gouttes de sueur acide magnifiant cette expérience. Au présent déjà passé ou dans le futur présent, ce récit donne l’espoir sans fin de jouer un jour comme les grands ou avec les grands. Pour les meilleurs, fouler le Stade de France comme Wesley... J'ai refermé ce livre avec quelques larmes nostalgiques sur le temps qui passe si vite... Le coach Simon recommande à son équipe, sur le terrain, de « jouer » car « ce n’est pas quand vous aurez cinquante ans que vous jouerez !» Pourtant, il y a encore des âges où l’on joue uniquement en nocturne, sans projecteur mais dans des rêves enchanteurs, là où le ballon ne tombe jamais ou dans des cauchemars insensés, faute de n’avoir achevé l’ouvrage ou d’avoir perdu en route ce même ballon. Au lever, tout suant de ces rencontres imaginaires, la douche méritée est bien solitaire. Les copains ne sont plus là pour refaire le match, glorifier ou engueuler, mais voilà que le jeu reprend déjà dans ma tête. Et c’est le bon moment pour lire de nouveau cet ouvrage chargé d'émotion. Car le rugby, comme la mer, ainsi que l'écrivait Paul Valéry, est « toujours, toujours recommencé… » André Buonomo
