Art poétique selon Michel Sitjar
Je ne sais pourquoi il a mis la parenthèse autour de son nom. Je ne sais pourquoi en juin 2010 à la publication de ce recueil il ne précise pas les recueils déjà publiés. Un art poétique en dehors du temps mais qui fit sa vie. JP Damaggio.
PRÉFACE / Ma poésie / (par Michel Sitjar)
Qu'est ce que la vraie poésie ? Lorsqu'un poème, ou même simplement quelques vers, provoquent une émotion forte et oblige le lecteur à réfléchir sur son destin, à rêver, c'est là véritablement qu'est la magie de ce que j’appelle la vraie poésie. Lorsque quelques mots caressent notre âme ou la confortent à la vérité pour lui donner l'espoir de son immortalité...
La poésie française, cette belle femme qui pleure en sa solitude, a besoin d'être consolée. Avec des textes, peut-être plus légers, j'espère avoir réussi dans ce modeste recueil.
On a tous des références, des maîtres. Les miens s'appellent Apollinaire, Baudelaire, Nerval, Hugo, chantres du lyrisme, qui par leurs style, leur génie, auront marqué de leur empreinte la poésie. Ils ont souvent emporté mon âme dans une vague d'admiration et de joie par la beauté, la pureté et la sensibilité de leurs écrits, puisés dans cette merveilleuse et inépuisable langue française.
Aujourd'hui, j'écris. Mais j’ai toujours écrit. Je lis beaucoup aussi.
On ne devient pas poète, on naît poète. Je crois que c'est une chose que l'on a en soi, dans son être, et qui dans des circonstances que la vie nous impose, surgit un jour. Comme une révélation. Alors on écrit, avec plus ou moins de bonheur mais on écrit pour dire aux autres ce que l'on est vraiment, pour leur dire aussi qu'on les aime, qu'on les voudrait heureux. Il y a des moments de colère parfois, des instants de joie aussi. Ce qui me plait dans la poésie, c'est que l'on peut dire des choses, beaucoup de choses, faire passer des messages. Il y a bien sûr la recherche de la rime. J'écris tout le temps, le jour la nuit. Ce n'est pas moi qui décide… Chaque fois, c'est la muse qui me réveille, en m'embrassant tendrement.
Dans ce nouveau recueil j’ai compilé quelques poèmes oubliés, écrits il y a plusieurs années, plusieurs vies...
Les souvenirs remontent à la surface. Ma carrière de rugbyman défile devant moi. Ressurgit alors cette image du «pont de lumière» que j'ai traversé, lorsque que Pierrot Lacroix me fit la passe pour aller planter l'essai du titre, contre Brive, en finale du championnat à Lyon. Je me souviens de cette houle vibrante, des cris de la foule, puis d'un coup, l'apaisement après cette course victorieuse, ce calme étonnant. Le regard des partenaires, heureux de vous faire la passe, sacrifiant leurs corps au placage. Un jeu dur et intelligent, pétri d'abnégation et de joie sincère. Aujourd'hui, le rugby manque singulièrement de poésie. Ce n'était pas mieux avant, c'était simplement autrement…