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Vie de La Brochure
13 mars 2021

Année Ingres 1967

ingres et desmarais

Vu les dates de référence de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), l'année 1967 se devait d'être l'annnée de sa consécration. Pour l'occasion La Dépêche a publié l'article ci-dessous et je reprens une photo déjà publié sur ce blog. JPD.

La Dépêche 1er septembre 1967

Du 3 au 22 novembre, exposition Antoine Bourdelle au musée de l'Athénée. Et maintenant Ingres, Monsieur Ingres au Petits-Palais. Les P.T.T. ont édité un très vaste et beau timbre (1 F). Le ministère des affaires culturelles et la ville de Paris ont édité un carton d'invitation aux fêtes du centenaire sur papier gris raffiné, le visage de la reine Caroline Murat (miné de plomb (0,046x0,043), cat. N° 67, est reproduit grandeur nature (musée de Montauban). Lors de l'exposition Ingres et son temps, le Musée et les Amis d'Ingres de Montauban ont édité un catalogue précieux sorti des ateliers du Moustier, 4. rue Porte-du-Moustier, à Montauban (176 p. et 28 ill.). Naturellement, le catalogue de Paris a d'autres dimensions. Un mémorial (360 p.) à la rédaction duquel ont participé M. Daniel Ternois, actuellement professeur à la Faculté des lettres de Lyon, après avoir été longtemps conservateur du musée Ingres de Montauban, où il a accompli un travail considérable; Hans Naef, dont les recherches soutenues par le Fonds national suisse de la Recherche scientifique sur « Ingres portraitiste » sont fondamentales, et M. Laclotte, conservateur en chef du département des peintures du Louvre; Mme Adeline Cacau, conservateur du Petit-Palais, et sa vaillante équipe, ont tout mis en œuvre en place pour «le triomphe d'Ingres». Une biographie et une bibliographie complètent ce catalogue exemplaire. Si les responsables de l'exposition des trésors russes avaient accompli semblable effort nous serions mieux informés sur les œuvres présentées. la comparaison est accablante, ce ne sont pas les plus riches qui travaillent le mieux. L'exposition a choisi l'ordre chronologique pour présenter l'œuvre d'un géant qui peignait lentement et dessinait beaucoup. On suit les étapes d'une carrière pour la première fois depuis plus de cinquante ans, la dernière grande exposition date de 1911; la portée universelle d'Ingres apparaît dans toute son ampleur. Les préjugés tenaces tombent, sources et prolongements de l'œuvre apparaissent, se dégagent en pleine lumière de vérité. L'ensemble est d'une beauté unique.

L'année Ingres sera célébrée comme en 1963 l'année Delacroix, en plusieurs lieux :

¨       D'abord au Fogg Museum d'Harward qui possède soixante-cinq œuvres du maître (U.S.A.);

¨       Puis Montauban et Paris, enfin Rome.

La villa Médicis accueillera dans ses locaux, heureusement restaurés par son directeur Baltus, une exposition évoquant la carrière romaine d'Ingres et l'expérience italienne des autres Français à Rome : Granet, Géricault, Corot et Chassériau. Ceci complétant cela.

Ingres : le plus honoré et le plus contesté de nos artistes est maintenant à son rang avec cent toiles et plus de deux cents dessins en bonne lumière, panorama d'une œuvre souvent hâtivement condamnée. La foule s'écrase dans les salles, s'étire en files interminables au pied des guichets. Paysages, portraits sur fonds dramatiques ou apaisés, voluptueuses odalisques et ces visages d'une «Comédie humaine » contemporaine de Balzac. Depuis un siècle, les plus grands artistes doivent beaucoup à Ingres : Degas, Renoir, Gauguin et Picasso; les jeunes du nouveau réalisme se réclament de lui. L'histoire, enfin, rend justice au géant montalbanais.

R.-M.. SCHNIR.

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